4 Mythes Sur L’EMDR

Les Mouvements Des Yeux, la solution à vos traumas.

Nombreuses sont les croyances, les mythes et les légendes qui circulent à propos de ce qu’est l’EMDR.  Rien d’étonnant, étant donné le succès que cette thérapie révolutionnaire connait à travers le monde !
Vous voulez y voir plus clair ? C’est parti ! 

1 . L’EMDR EST UNE NOUVELLE THÉRAPIE 

En fait, cela dépend de ce que vous appelez nouveau… En novembre 2019, l’EMDR va fêter ses 30 ans !!! Il s’en est passé des jours et des jours (10950 hors années bissextiles) depuis que F. Shapiro a marché dans ce parc et a pu repérer qu’elle bougeait les yeux tout en pensant à de mauvais souvenirs  ! On est d’accord que 30 ans, cela reste jeune. Mais on ne peut pas parler de nouveauté !!!

2. L’EMDR NE S’APPUIE PAS SUR LA RECHERCHE

Mais loool. MDR. PTDR. LMFAO. Depuis 1989, l’EMDR est devenu l’une des approches thérapeutique les plus documentées au monde !!! A tel point qu’elle est désormais la thérapie de choix pour soigner l’Etat de Stress Post Traumatique (ESPT). Qui a fait ce choix ? l’OMS, en 2013, l’APA en 2004, et le ministère américain pour les vétérans en 2004. Testez par vous même : faites une recherche sur le site pubmed : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/?term=EMDR et voyez combien de recherches apparaissent ! De tous les mythes, c’est le plus stupide qui soit !

3. L’EMDR, c’est juste remuer les doigts devant un patient. 

Les mouvements des yeux, une des stimulations permettant de digérer les traumas en EMDR.


Limiter la thérapie EMDR aux mouvements des yeux, c’est un peu comme limiter votre voiture à son accélérateur… Son protocole ne contient pas moins de 8 phases. Et les mouvements oculaires n’apparaissent qu’entre les phases 4 et 7. 

De plus, tous les professionnels convenablement formés savent que les mouvements oculaires ne sont qu’une des formes de stimulation qui peuvent être utilisées. Les sons, les tapotements, les vibrations marchent tout aussi bien pour éradiquer vos traumas !

4. L’EMDR EST UNE THÉRAPIE EN 5 SÉANCES

Et bien… Oui… et non. Dans certains cas, l’EMDR peut être très rapide. Mon record personnel est … une seule séance avec une patiente. Et le trauma a été englouti dans le passé ! 

Pour autant, dans la majorité des cas, cela ne fonctionne pas aussi vite car les patients ont rarement un seul évènement traumatique à traiter. Il n’est pas rare non plus que certains blocages viennent ralentir le traitement.

Tout dépend donc de vos capacités à digérer, de vos blocages et du nombre de traumas à traiter ! 

Par Julien Baillet, d’après “EMDR Therapy : Separating Fact from Fiction (Sarah Jenkins, 2014)”. 

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Intégration Des Réflexes Archaïques : Les Mouvements Qui Soignent

Parmi les pratiques thérapeutiques sur lesquelles je travaille actuellement, et que je trouve très prometteuse et pertinente, figure l’intégration des réflexes archaïques. Je m’y forme depuis plus d’un an maintenant, et continue d’y trouver un intérêt grandissant. C’est une approche très riche et très différente d’une approche psychologique classique. Loin de nous limiter à notre simple pensée, elle vient valoriser les aspects corporels de notre fonctionnement psychologique. Elle place aussi le corps mais surtout le mouvement, au centre et au départ de tout. Ne vous en déplaise, nous sommes tout d’abord faits pour bouger, pas pour penser, encore moins pour rester assis, et alors rester devant des écrans… Ai-je besoin d’en parler ? Tout l’équilibre, le développement et la bonne santé de notre système nerveux reposent sur ces capacités à nous mouvoir correctement. Et en premier lieu, sur nos réflexes. Voyez plutôt comment cela fonctionne.

Les Réflexes Archaïques 

 “ Tous les actes de la vie consciente et inconsciente sont des réflexes à leur origine ”.

– I. M. Sechenov (1863/1995), physiologiste russe

Dans le monde de la neurologie et de la neurophysiologie, les réflexes ont depuis longtemps été décrit pour leur rôle biologique, le stimulus qui les active et les réponses motrices comportementales.  I. M. Sechenov (1829 -1905) and I. P. Pavlov (1849/1936) ont décrit le réflexe comme une unité biologique statique et dynamique : 1/ qui pré-détermine le développement du système nerveux, étant inconditionné (non-modifiable et programmé par la nature) 2/ Et dans le même temps, il est affecté par l’expérience et les apprentissages, créant des réponses spécifiques et conditionnées.

Cela signifie donc qu’ils sont à la fois génétiquement programmés, puisqu’ils sont présents dès notre vie in utero, et dans le même temps, ils sont affectés par l’expérience et les apprentissages. De plus, comme ils déterminent le développement du système nerveux, ils sont une porte d’entrée de la plus grande importance pour accéder à son fonctionnement.

Les recherches dans le siècle dernier ont montré que les réflexes non conditionnés sont caractérisés par 5 éléments distincts :

1. Un réflexe n’est pas une réponse indépendante : il dépend d’un stimulus ;

2.  Il est le résultat d’un feedback du système nerveux à un stimulus ;

3) Il est basé sur l’activation du système nerveux ;

4)  Il est une réponse impliquant les neurones moteurs qui transmettent les impulsions depuis le système nerveux central (cerveau) vers les effecteurs ( les muscles et les glandes) à travers la totalité du corps ;

5) Il est une réponse à un changement dans l’environnement (Pavlov, 1927/1995; Sechenov, 1863/1961; Sherrington, 1947; Magnus, 1925; Vygotsky, 1986; Bernstein, 1997; Asratian, 1963, 1983) dans le but de maintenir l’homéostasie de l’organisme.

Svetlana Masgutova, Phd

Plus récemment, Svetlana Masgutova a décrit les réflexes archaïques ou primaires comme des réponses automatiques inhérentes génétiques/épigénétiques du système nerveux central à des formes adéquates et spécifiques de stimuli (tactile, visuel, auditif, vestibulaire, proprioceptif ou olfactif) dans une forme de réaction motrice, posturale, glandulaire, pupillaire ou de la membrane du tympan , en activant la protection de l’organisme et les stratégies de survie à travers l’axe HPA du stress  (triangle hypothalamo-pituitaire-adrenal) (Masgutova, Akhmatov, 2013; Masgutova, Masgutov, 2013).

Intégration Des Réflexes

Dans son approche, Svetlana Masgutova utilise le concept d’intégration des réflexes, et focalise sa pratique sur la restauration et la maturation de schémas moteurs primaires, des réflexes et de la coordination des systèmes pour parvenir à une performance optimale des mécanismes naturels, des processus neurodévelopementaux, du fonctionnement du cerveau et de l’intégration sensorimotrice.   

L’intérêt de l’ activation des schémas réflexes est de réveiller les ressources motrices génétiques naturelles et les programmes de régénération, de cohérence et de renforcement des mémoires motrices et sensorimotrices, afin d’augmenter la résilience. Avec cette amélioration globale de fonctionnement, les personnes sont capables de bouger avec leur plein potentiel moteur, social, émotionnel et cognitif.

Chacun des réflexes archaïque est une unité au service du système nerveux, tout d’abord pour protéger et survivre, et ensuite comme fondation du développement.  

Application

Restons en là pour la théorie. Passons aux choses pratiques. Comment ça se passe ? Très simple. Comme dans beaucoup de systèmes de soin, on commence par une évaluation. Elle va permettre d’évaluer les différents réflexes archaïques, et leur niveau d’intégration. Le test dure environ une heure.

La deuxième étape va proposer l’intégration du ou des réflexes. Généralement, cela se déroule en trois temps :

1. Une intégration sensorielle, dans laquelle par un touché approprié, et parfois par des mouvements accompagnés (ou portés), nous allons réveiller la chaine musculaire impliquée dans le réflexe. L’idée est de dire au corps : “rappelles toi, voilà comment on fait ce mouvement.” A cette étape, le patient est le plus détendu et relâché possible. Il n’exerce pas de mouvement volontaire de son corps.

2. Une intégration sensori-motrice :  le patient est alors plus impliqué dans ses mouvements volontaires. Le mouvement est décomposé avec lui, doucement, et accompagné d’une respiration, pour permettre une meilleure intégration.

3. L’ intégration motrice : le patient va lui même exercer des mouvements contre résistance de faible intensité, toujours lentement et en respirant, pour l’aider à intégrer davantage encore le mouvement, ainsi qu’à le diversifier.

Après la séance, des exercices d’auto-renforcement sont proposés pour favoriser l’intégration.

Exemple de réflexe non-intégré : le réflexe de Babinski

Dans cette vidéo, vous voyez comment le stimuli du crayon sur le bord du pied vient activer un mouvement involontaire du patient. Les effets d’un réflexe de Babinski non intégré peuvent être les suivants : une marche reposant sur le bord externe, ou interne des pieds (aisément remarquable à l’usure des chaussures) ; des difficultés de coordination globale ou fine ; un retard dans le développement du langage ; l’énurésie ; des douleurs de hanche ou dans l’aine ; une personnalité timide (d’après S.Masgutova, Integration of dynamic and postural reflexes into the whole body movement system, 2004).

Comme vous le voyez, le test est très simple. Alors pour savoir si votre réflexe de Babinski vous fait défaut, n’hésitez pas à vous tester ! 🙂

Par Julien Baillet

 

Les Antidépresseurs Sont Ils Vraiment Efficaces ?

Consommation d’Antidépresseurs : les USA Number One 

Parmi les plus grands consommateurs d’antidépresseurs au monde, les Etats-Unis d’Amérique prennent la première place, en terme de pourcentage de population. Pourtant, l’efficacité du médicament est encore largement débattue. Le problème n’est pas que l’on manque de recherches : plus de 150000 occurrences dans le moteur de recherche pubmed ( moteur de recherche dédié aux publications scientifiques). Il semble plutôt qu’un tri soit opéré à la sortie des recherches : les études positives sont gardées, les négatives mises à la poubelle. Pas très objectif, ni scientifique tout ça. Et pourtant…

Utilisateurs d’antidépresseurs pour 1000 habitants à travers le monde (d’après l’OCDE)

Du Tri Dans Les Recherches 

En 2008, un groupe de chercheurs (Erick H. Turner & al., 2008) est arrivé à cette conclusion en établissant une méta-analyse de recherches sur les antidépresseurs enregistrées par l’administration américaine des nourritures et des médicaments (Food & Drug Administration) comme preuve pour approuver leur commercialisation. Les entreprises étaient censées soumettre tous les résultats, qu’elle qu’en soit l’issue.

Les chercheurs ont trouvé 74 études, comprenant plus de 12500 patients, concernant l’approbation de médicaments entre 1987 et 2004. La moitié montraient un résultat “positif”, l’antidépresseur se montrant plus efficace qu’un placébo. L’autre moitié était négative.  Mais ce que montrait la littérature publiée en donnait une toute autre image. En effet, presque toutes les études positives apparaissent, mais seulement trois des négatives apparaissent comme étant négatives. Vingt-deux n’ont jamais été publiées, onze ont été remaniées pour être publiées comme apparaissant positives.

Ce qui s’appelle de la manipulation …

Et Pour L’Efficacité ?

La même année, une autre méta-analyse (Irving Kirsch et al., 2008) soulevait cette fois un autre problème : les chercheurs remettaient cette fois en question l’efficacité d’un antidépresseur.  Ils se sont demandés si l’efficacité dans l’étude était liée au niveau de dépression des participants, ou à l’efficacité du médicament donné. En fait, l’efficacité de l’antidépresseur s’est montrée limitée pour les dépressions modérées, et mineure pour les dépressions sévères.

A nouveau, on appelle cela de la manipulation. Le message de ces deux études était que l’efficacité des anti-dépresseurs était sur-évaluée, et que leur bénéfice serait limité à de trop rares patients utilisant le médicament.

10 Ans Plus Tard…

Plus récemment, en février 2018, une étude particulièrement minutieuse vient mettre à jour ces informations. Andrea Cipriani et al. (2018) ont rassemblé cette fois des données de la littérature médicale, des agences de régulation et des registres internationaux, pour créer l’étude la plus exhaustive à ce jour.

21 antidépresseurs utilisés pour traiter les dépressions majeurs ont été analysé grâce à une technique de “réseau méta-analytique” pour comparer les traitements entre eux.  Les chercheurs ont non seulement évalué si les médicaments fonctionnaient, mais aussi comment ils étaient supportés par les patients (critère d’acceptabilité).

Ils ont trouvé 522 recherches, incluant plus de 116000 participants.

  • La ” Bonne” Nouvelle : 

Tous les antidépresseurs se sont montrés plus efficaces que les placébos. Ils varient modérément en terme d’efficacité et d’acceptabilité.  De plus, les études les plus petites n’ont pas de résultats différents des plus grandes études.

  • Mais : 

La grande majorité des études est financée par les industries pharmaceutiques. De ce fait, cette méta-analyse ne possède pas suffisamment de données issues d’études non financées par les industries pharmaceutiques pour pouvoir déterminer s’il existe une différence entre elles, ou pas.

Un biais de “nouveauté” a aussi été signalé : les antidépresseurs ont semblé être plus efficaces et plus acceptables quand ils venaient d’arriver sur le marché, et perdre en efficacité et acceptabilité des années plus tard.

  • La Mauvaise Nouvelle :

Même si certaines différences significatives sont apparues, l’ampleur de l’effet reste le plus souvent modeste. Les bénéfices ont été remarqué pour les personnes souffrant de dépression majeure, et spécialement à court terme. En d’autres termes, cette étude montre que lorsque les patients sont atteints de dépression majeure, le traitement avec antidépresseurs fonctionne pour améliorer leur état dans les deux premiers mois de traitement.

Mais à cause du manque de données, nous ne savons pas bien comment les antidépresseurs fonctionnent avec les symptômes légers, et surtout quand les patients ont été traité pendant des mois voir des années auparavant.  Ce qui, d’après les statistiques, représente un nombre considérable de gens.

Pour Conclure

Avec une si grande méta-analyse, contenant environ 10 fois plus d’informations qu’il y a 10 ans, plus de données non publiées et plus d’antidépresseurs évalués,  on ne peut pas enlever aux chercheurs une volonté de mieux faire, de moins “manipuler” les résultats et d’optimiser leur évaluation de l’efficacité des antidépresseurs.

Mais même avec autant de données, de nombreuses questions restent sans réponses.  Ce qui n’empêche pas ces médicaments d’être largement utilisés, et qu’aucune agence de régulation ne demande plus d’informations.  Le principe de précaution ne semble pas vraiment prioritaire.  Si les patients veulent des réponses, ils auront probablement besoin d’exiger eux-mêmes des recherches. A quand des recherches indépendantes ? Bientôt j’espère.

 

Redéfinir le Traumatisme

Erreur sur la Personne

La confusion la plus commune dans la compréhension du traumatisme, c’est de le confondre avec le, ou les évènements, dont il est issu. Le traumatisme n’est pas l’évènement traumatique. Si le trauma n’est pas un évènement, qu’est-ce que c’est ? Pour bon nombre d’experts actuels (S.Porges, P.Ogden, B.Van der kolk, D.Siegel, J.Fisher, R.Lanius…), un traumatisme est avant tout une réaction corporelle, physiologique. 

Nombreuses sont les recherches qui valident ces observations, via IRMf, et autres techniques d’imagerie (biofeedback et neurofeedback compris). On observe dans le cerveau, dans la variabilité du rythme cardiaque, dans la conductivité de la peau, dans le changement de température, d’ondes cérébrales, les conséquences du choc traumatique sur la physiologie de l’être humain.

« Le trauma doit être reconceptualisé, non pas comme un évènement, mais comme une réponse corporelle à un évènement » 

Stephen Porges

Stephen Porges, PHD.

Pourquoi une telle désorganisation dans le corps ? Parce que le système nerveux n’a pas pu absorber, intégrer, digérer ce qui s’est produit. Car oui, il s’est bien passé quelque chose. Il y a bien eu un évènement (ou plusieurs) trop intense, trop douloureux, trop bouleversant. Mais tout se passe comme si le système nerveux n’avait pas pu intégrer les différents niveaux d’informations de l’évènement traumatique, et ses conséquences sur le corps. C’est pourquoi le traumatisme doit être envisagé comme un défaut d’intégration.

Un Défaut D’Intégration

Dans l’ouvrage “The Developing Mind”, Daniel J.Siegel écrit : “L’intégration est le mécanisme central par lequel la santé est créée dans l’esprit, le cerveau, le corps et les relations. (…) Le lien d’éléments différenciés d’un système produit un flow harmonieux de ce système. Les caractéristiques de ce flow sont qu’il est flexible, adaptatif, cohérent, énergisé et stable. Quand un système n’est pas différencié en parties, et/ou qu’il ne les relie pas entre elles, alors le système n’est pas intégré et tend à devenir chaotique ou rigide, ou dans une combinaison des deux. (…) Le champs de la santé mentale peut revoir ses composants et ses troubles comme révélant le chaos et la rigidité de conditions non intégrées. (…) De ce point de vue, les mesures éducatives, préventives et thérapeutiques devraient s’orienter vers la promotion de l’intégration – dans le corps et le cerveau, dans les relations et dans les fonctions régulatrices de l’esprit relationnel et incorporé.” (Dan J. Siegel, The Developing Mind, 2012).

Le traumatisme illustre tout à fait ce qui est décrit ici. Le “flow” a disparu, et demeure le chaos et la rigidité du fonctionnement du système nerveux qui a du s’adapter à un ou plusieurs moments trop violents.

Perspective Diagnostique

En 2013, L’American Psychiatric Association modifiait les critères diagnostiques de l’Etat de Stress Post Traumatique (ESPT) chez l’adulte dans le DSM 5. L’ESPT est le “prototype” du traumatisme, mais il n’est pas le seul de la “famille” des troubles d’origine traumatique. Voici ses critères.

Critère A (Un requis) : La personne a été exposée à  la mort, une menace de mort, a subi une blessure sérieuse ou en a été menacé, a subi ou a été menacé de violence(s) sexuelle(s), dans les conditions suivantes :

  • Exposition directe à l’évènement
  • Témoin de l’évènement
  • Apprendre qu’un proche (famille ou ami) a vécu un tel évènement
  • Exposition indirecte à des détails repoussants, généralement lors d’une intervention professionnelle (i.e : premiers secours, urgentistes)

Critère B (un requis) : L’évènement traumatique est continuellement re-vécu, des manières suivantes :

  • Souvenirs bouleversants involontaires
  • Cauchemars
  • Flashbacks
  • Détresse émotionnelle lors de l’exposition à  des rappels traumatiques
  • Réactivité physique lors de l’exposition à  des rappels traumatiques

Critère C (un requis) : Evitement des stimuli reliés à l’évènement traumatique après le trauma, des manières suivantes :

  • Pensées ou sentiments reliés au trauma
  • Déclencheurs reliés au trauma

Critère D (deux requis) : Pensées ou sentiments négatifs qui ont débuté ou empiré après l’évènement traumatique, des manières suivantes :

  • Incapacité à se rappeler les moments clés de l’évènement
  • Pensées négatives exagérées par rapport à soi et par rapport au monde
  • Accusation de soi et des autres extrême comme étant responsable du trauma
  • Affects négatifs
  • Diminution de l’intérêt pour les activités
  • Sentiments d’isolation
  • Difficultés à expérimenter les affects positifs

Critère E (deux required) : Activation et réactivité reliées au trauma qui ont commencé ou empiré après l’évènement, des manières suivantes :

  • Irritabilité ou agressivité
  • Comportements à risque ou destructeur
  • Hypervigilance
  • Réactivité accrue
  • Difficulté de concentration
  • Difficulté de sommeil

Critère F (requis) :  Les symptômes durent depuis plus d’un mois.

Critère G (requis) : Les symptômes créent une détresse ou des difficultés de fonctionnement (social, professionnel).

Critère H (requis) : Les symptômes ne sont dus à aucune substance, médicament ou une autre maladie.

Blessure du Corps, de l’Esprit et de la Relation

Comme vous venez de le lire dans les différents symptômes et critères, la personne subissant un traumatisme est affecté à de nombreux niveaux.

  • Son système nerveux est atteint : fluctuations émotionnelles, irritabilité, sensibilité et symptômes dépressifs.
  • L’esprit est envahi : souvenirs, images intrusives, flashbacks, cauchemars, et pensées négatives.
  • La vie relationnelle est touchée : subissant tous ces maux, les victimes de traumatisme s’isolent, se coupent du monde, et de leur vie sociale.

On voit ici le défaut d’intégration que nous évoquions plus haut avec Dan J. Siegel.

Par Julien Baillet

 

 

 

Les 7 Lois Du Succès

Quelle est votre définition du succès ? De la réussite ? Est-ce votre statut social ? Vos diplômes ? Votre maison ? Votre compte en banque ? Ou bien une famille heureuse et en bonne santé. Et pourquoi pas tout cela en même temps!

Deepak Chopra

Selon Deepak Chopra, le succès et la réussite ne sont pas limités à l’aspect matériel. Médecin endocrinologue américain et d’origine indienne, Deepak Chopra a écrit près de 40 ouvrages traitant de la santé, du bien être et de développement personnel. Il a fondé en Californie le Chopra Center For Well Being. Il promeut depuis des années dans ses écrits la connexion corps-esprit, et la nécessité d’intégrer une dimension spirituelle à notre vie. Toutes deux sont sources de santé, de bonheur et de prospérité. Une autre de ses particularités, c’est qu’il ne rejette pas la matérialité ou l’argent. Pour lui, spiritualité et matérialité ne s’excluent pas. Selon le magasine Time, il gagnerait près de 15 millions de dollars par an, et serait une des 100 personnalités les plus influentes sur Terre. Il semble que Deepak Chopra sait de quoi il parle quand il parle de succès et de réussite.

Les Racines Du Succès

Selon Deepak Chopra,  les racines de la réussite sont essentiellement spirituelles. Il explore d’ailleurs ces questions dans un grand nombre de ses ouvrages. Et il apporte même des réponses. En voici quelques unes que j’applique le plus régulièrement possible, tirées de son livre “Les Septs Lois Spirituelles Du Succès“. Je vous encourage à les lire. A les relire. A les méditer. Vous allez voir que pour les occidentaux, beaucoup de ses principes ne vont pas de soi. Il va donc falloir faire preuve d’ouverture et de curiosité. Mais une fois que vous serez prêt(e) à les expérimenter,  il n’y a plus qu’à les appliquer 😉

1/ La Loi de Pure Potentialité 

Pour Deepak Chopra, l’univers est pure conscience en attente de réalisation, de manifestation. Il est donc pure potentialité. Il s’agit du champs de tous les possibles, où la créativité est infinie. Cette pure conscience serait notre essence spirituelle. A l’état originel, nous serions pures consciences. Le tout serait de s’y reconnecter.

a. Entrez en contact avec le champ de pure potentialité en prenant chaque jour un moment de silence. Pour Etre. Prenez donc le temps de méditer deux fois par jour, environ 30 minutes, matin et soir.

b. Prenez le temps, chaque jour, de communier avec la nature et de témoigner silencieusement de l’intelligence présente en toute chose vivante. Regardez le coucher du soleil, écoutez le bruit de l’océan ou d’un ruisseau, respirer le parfum d’une fleur. Vous entrerez alors en contact avec la profonde pulsation de la vie, le champ d’infini potentialité.

c. Pratiquez le non jugement. Souvenez vous en tout le long de la journée. Ne jugez rien, ni personne. Y compris vous-même.

2/ La Loi Du Don 

a. Où que vous allez au cours de votre journée, et quelle que soit la personne que vous rencontrez, donnez lui quelque chose. Il peut s’agir d’une fleur, d’un compliment, d’une prière ou d’une attention. Le Don n’est pas uniquement matériel.

b. Recevez tous les dons de la journée avec gratitude. Qu’ils soient matériels, ou immatériels. Accueillez aussi les dons de la nature : la lumière du soleil, le chant des oiseaux, la pluie, ou la neige.

c. Engagez vous dans la circulation de la richesse de votre vie en donnant et en recevant les biens les plus précieux de l’existence : l’attention, l’affection, le respect et l’amour. A chaque rencontre, souhaitez silencieusement le bonheur, la joie et le rire.

3/ La Loi Du Karma

La notion de karma renvoie à la relation de cause à effet, et à notre impact sur cette relation. Karma signifie “action”. Ce n’est en aucun cas une malédiction.

a. Soyez le témoin de vos choix. Il s’agit ainsi de choisir en conscience. Vous serez alors en contact avec le meilleur moyen de préparer votre futur.

b. Pour prendre chaque décision, posez-vous deux questions :

– Quelles seront les conséquences de ce choix ?

– Apportera-t-il bonheur et satisfaction à tous ceux qu’il concerne ?

c. Laissez votre coeur être votre conseiller. Si le choix vous apporte du confort, vous pouvez vous y abandonner. S’il produit une sensation d’inconfort, faites une pause et examinez les conséquences de ce choix.

4/ La Loi Du Moindre Effort

a. Pratiquez l’abandon. Acceptez les personnes, les situations, les circonstances et les évènements tels qu’ils se déroulent. Ne vous rebellez pas contre ce moment. Le moment est tel qu’il doit être, car l’univers est tel qu’il doit être. Acceptez les choses comme elles sont, ne combattez pas pour qu’elles soient comme vous le voulez.

b. Assumez la responsabilité de votre situation face aux évènements que vous considérez comme des problèmes. Cela implique ne blâmer personne, y compris vous-même. Tout problème est une opportunité déguisée.

c. Placez votre attention dans la confiance. Abandonnez le besoin de défendre votre point de vue, de convaincre ou de persuader les autres. Restez ouvert à tous les points de vue et ne vous attachez à aucun.

5/ Loi de L’Intention et Du Désir

a. Etablissez la liste de tous vos désirs. Portez là partout où vous allez. Relisez les avant chaque méditation, le soir avant de vous coucher, et le matin au réveil.

b. Confiez ces désirs à la matrice de la création. Si les choses ne se présentent pas comme vous le voulez, c’est pour une bonne raison. L’univers a pour vous des projets plus importants  que ceux que vous avez imaginé.

c. Pratiquez la conscience du présent. Ne laissez pas les obstacles vous priver de l’attention du moment présent. Acceptez ce moment tel qu’il est, et créez la manifestation du futur par votre attention et vos désirs les plus profonds.

6/ La Loi Du Détachement

a. Consacrez vous au détachement. N’imposez pas vos idées de ce qui selon vous devrait être. Ne cherchez pas à tout prix une solution aux problèmes, de façon à ne pas en provoquer d’autres. Participez dans un engagement détaché.

b. Accueillez l’incertain comme un ingrédient essentiel de votre expérience. Les solutions surgiront spontanément des problèmes, de la confusion, du désordre, du chaos. Plus l’incertitude augmentera, plus vous vous sentirez en sécurité. L’incertitude est le chemin de la liberté.

c. Entrez dans le champ de tous les possibles et anticipez le bonheur de rester ouvert à une infinité de choix. Vous ferez alors l’expérience de la joie, de l’aventure, de la magie et de son mystère.

7/ Loi Du Dharma, ou Du But De La Vie

a. Nourrissez avec amour le Dieu ou la Déesse qui vit au plus profond de votre âme. Portez votre attention sur l’esprit qui anime votre corps et votre pensée.

b. Etablissez une liste de vos talents particuliers. Notez ce que vous aimez faire, ce qui exprime vos talents. Quand vous mettrez ces talents au service de l’humanité, vous échapperez au temps et vous créerez l’abondance, pour vous comme pour les autres.

c. Posez vous chaque jour les questions  suivantes : ” Comment puis-je servir ? Comment puis-je aider ? ”

D’après l’ouvrage “Les Sept Lois Spirituelles Du Succès” de Deepak Chopra.

 

Par Julien Baillet

Pourquoi La Parole Ne Suffit Pas Dans La Thérapie du Trauma ?

Le docteur Bessel Van Der Kolk, M.D, est le fondateur et le directeur médical du Centre pour le Trauma de Brookline dans le Massachusetts. Il est aussi professeur en psychiatrie à l’Ecole de Médecine de l’Université de Boston et dirige le Réseau National Du Traitement du Trauma Complexe. Il publiait en 2014 “The Body Keeps The Score”, un véritable chef-d’oeuvre pour ceux qui comme moi s’intéresse à soigner le traumatisme. Ce livre est l’aboutissement de plus de 30 ans de travaux du Dr Van Der Kolk sur les questions du traumatisme. Cet homme est tout simplement “La” référence en matière de trauma à l’heure actuelle.

Bessel Van Der Kolk, M.D, The Body Keeps The Score

Dans son livre, il aborde (entre autres…) un point qu’il me semble majeur d’intégrer dans notre compréhension de la psychologie au 21ème siècle. C’est ce point que je souhaite partager avec vous dans cet article.

Une Etude Novatrice

En 1994, il y a 24 ans donc, Bessel Van Der Kolk (BVDK) se voit proposé de participer à une étude pour découvrir ce qui se passe dans le cerveau des patients qui ont des flash-backs  ( un des nombreux symptômes post traumatiques ). Il proposa donc à 8 de ses patients désireux de comprendre le fonctionnement de leur cerveau s’ils voulaient participer. Tous acceptèrent.

L’idée de la recherche était de placer ces patients dans un IRMf (L’imagerie par résonance magnétique fonctionnelle est une application de l’imagerie par résonance magnétique permettant de visualiser, de manière indirecte, l’activité cérébrale), et de leur lire en même temps un script relatant les différents moments de leur expérience traumatique. Il suffisait ensuite d’observer la réaction du cerveau  des patients au fur et à mesure de la lecture, et de ce qu’elle déclenchait. Pour comparer ces données, on lisait aussi un script neutre (comme se lever le matin, se brosser les dents, etc) aux patients.

Une fois les données des 8 patients récoltées, statisticiens et mathématiciens créèrent les images composites permettant d’illustrer ce qui s’était passé dans le cerveau des patients.

Les Résultats

 Cette étude a clairement montré que quand on présente des images, des sons ou des pensées reliées à une expérience traumatique, la région de l’amygdale se réactive, même si les évènements ont eu lieu il y a plus de 10 ans. L’activation de ce centre de la peur déclenche une cascade d’hormones de stress et d’impulsions nerveuses qui augmentent la pression sanguine, le rythme cardiaque et la prise d’oxygène, préparant le corps au combat ou à la fuite. Cette réaction de l’amygdale était déjà connue, et attendue par les chercheurs.

En revanche, une découverte plus surprenante fut “un point blanc dans le lobe frontal gauche du cortex, dans une région nommée l’aire de Broca”. La couleur blanche signifiait qu’il y a avait une diminution de l’activité dans cette région. Et l’aire de Broca est un des centres du cerveau dédié à la parole. Ce qui fait dire à BVDK : ” Sans une aire de Broca qui fonctionne, vous ne pouvez pas mettre en mots vos pensées et vos émotions. Nos scans ont montré que l’aire de Broca s’éteint dès qu’un flashback est déclenché. En d’autres mots, nous avions la preuve visuelle que les effets du trauma ne sont pas si différents (…) des effets de lésions physiques comme dans l’AVC. ” (The Body Keeps The Score, 2014)

Dans le même temps que cette désactivation, une autre région, l’aire 19 de Broadmann, s’allumait chez les participants. Cette région du cortex visuel enregistre les images quand elles entrent pour la première fois dans le cerveau. En théorie, elle ne devrait donc pas s’activer lorsqu’on demande aux patients de se remémorer des souvenirs, même traumatiques. Et pourtant. L’équipe de BVDK a pu voir s’allumer cette région même des décennies après, comme si l’évènement, pour le cerveau, venait d’avoir lieu…

D’Importantes Implications

Ces découvertes sont lourdes de conséquence, à plusieurs niveaux.

  • Le constat d’un tel phénomène physiologique vient expliquer pourquoi autant de victimes restent silencieuses sur ce qu’elles ont subi. Si le cerveau éteint les aires de la parole quand une victime se remémore un évènement traumatique, comment en parler ? Comment prévenir son entourage ? Comment déposer plainte devant la justice ? Comment se protéger ? C’est tout simplement mission impossible.

 

  • Cela remet en question notre façon d’envisager la thérapie. La psychologie traditionnelle ( surtout psychanalytique, mais pas seulement ) possède un héritage théorique immense qui base ses principes thérapeutiques sur la parole du patient. Or comment demander à un patient de parler, quand son cerveau l’en empêche ? Plus d’un siècle de thérapie et de psychologie centrées sur la parole du patient sont remises en question par ces résultats.

 

  • Cela permet aux proches, à l’entourage des victimes, de comprendre pourquoi elles ne peuvent pas leur exprimer leur souffrance. Ce n’est pas qu’elles ne veulent pas. Elles ne peuvent pas en parler. Le corps réagit uniquement sur un plan émotionnel et sensoriel, mais la parole reste alors bloquée, de façon involontaire. 

 

  • Cela permet aux victimes de cesser de culpabiliser. Ce n’est pas de leur faute si elles n’ont pas été, ou ne sont toujours pas en mesure de parler de leur souffrance. Ce sont les conséquences du trauma qui les en empêche. Elles sont doublement pénalisées : victimes lors de l’évènement traumatique, et victimes des conséquences du trauma.

 

  • Enfin, cela nous fait réaliser que forcer la parole des patients traumatisés correspond en fait à de la maltraitante. Si leur cerveau n’est pas en mesure de produire de la parole, cela n’a aucun sens de demander aux patients de parler. Cela n’a aucune vertu thérapeutique. C’est pourquoi il est préférable d’envisager d’autres approches, plus corporelles, attentionnelles et sensorielles (EMDR, Thérapie Sensorimotrice, Brainspotting.)

 

Par Julien Baillet

 

Retrouvez d’autres informations sur le fonctionnement du traumatisme dans les articles ci-dessous :

https://mestherapiesenligne.com/traumatisme/

https://mestherapiesenligne.com/liberer-traumatisme-kung-fu-panda/

https://mestherapiesenligne.com/emdr-souvenir-pathogene-t-a-i/

 

EMDR et Estime De Soi

 

Parmi les symptômes que les patients rapportent le plus souvent en thérapie, le manque de confiance en soi, ou la faible estime de soi se place aisément dans les premières places. Il est presque sur le podium. Il faut dire que ses symptômes ne sont pas agréables, très fréquents, et handicapants. Peut être les avez vous déjà expérimentés, ou bien vous les expérimentez encore. Si vous n’avez jamais connu des moments de faible estime de vous même, prenez le temps de vous imaginer ainsi :  croire que l’on est pas capable, qu’on est nul, voué à l’échec, et qu’on ne peut pas compter sur soi-même. Pas agréable, n’est-ce pas ? Ni motivant. Et pourtant. Avoir ces pensées arrive bien plus souvent qu’on le pense. D’où est-ce que ça vient ? Voyons cela …

Un Symptôme Post Traumatique

Parmi toutes les théories qui abordent le fonctionnement de l’Estime de Soi et sa place dans les souffrances que peuvent expérimenter les gens, rares sont celles qui abordent sa connexion au traumatisme.

Parenthèse : je trouve que bon nombre de ces théories sont totalement artificielles et déconnectées de ce qu’un patient réel peut vivre. A croire que certains auteurs et chercheurs ne savent pas ce qu’est un patient. Ils établissent des concepts descriptifs très pointus, qu’ils ne prennent jamais le temps de relier à ce que les gens ressentent, expérimentent, ou vivent. C’est une psychologie désincarnée que vous pouvez lire malheureusement  dans beaucoup trop d’ouvrages.  Du coup, à force de créer du concept et à les relier uniquement entre eux, aucune application clinique n’est possible tant les concepts sont coupés du réel. Pourtant, la psychophysiologie, les neurosciences, la neurobiologie interpersonnelle, la psycho-traumatologie, (etc) apportent régulièrement des données et des informations qui nous permettent d’incorporer la psychologie, la rendre plus réelle, plus concrète à notre vie et nous permettre d’agir dessus. Et surtout, de nombreux cliniciens construisent des outils pour soigner ces symptômes. Fin de la parenthèse.

La faible Estime de Soi fait partie intégrante des symptômes post traumatiques. Voyez par vous même.  Le critère D du DSM5 concernant l’Etat de Stress Post Traumatique l’aborde largement :

Critère D : Pensées et/ou émotions négatives qui ont commencé ou ont empiré après le trauma, comme suit :

• Une incapacité à se remémorer les moments clés du trauma

• Pensées et suppositions négatives excessives à propos de soi ou du monde 

• Accusation de soi ou des autres exagérée dans la responsabilité du trauma (c’est leur faute si/c’est ma faute si c’est arrivé)

• Affects négatifs 

• Diminution de l’intérêt pour les activités

• Sentiment d’isolement

• Difficultés à ressentir des affects positifs

( D’après https://www.ptsd.va.gov/professional/PTSD overview/dsm5_criteria_ptsd.asp)

En caractères gras,  on retrouve tous les éléments d’une faible estime de soi.

Il ne s’agit pas de dire ici que tous les problèmes d’estime de soi sont d’origine traumatiques. Même si personnellement je ne suis pas loin de le constater. Car dans ma pratique, tous les problèmes d’estime de soi traités dans une perspective traumatique se sont largement améliorés, ou ont complètement disparu. Je dis bien tous. Mais bon. Cela reste de l’expérience clinique, et non de la recherche validée.

Quelles Conséquences ?

Ce que je trouve particulièrement intéressant dans ces critères, c’est le lien qui est fait avec les émotions. Une faible estime de soi n’est pas émotionnellement neutre. Cela implique donc que l’estime de soi n’est pas uniquement rationnelle. De là, nous avons une porte d’entrée très différente qui s’ouvre à nous pour traiter en profondeur les racines du manque d’estime de soi, au lieu de se limiter à une reconstruction cognitive de croyances erronées. Ici, la croyance est plutôt déformée par l’affect.

Les praticiens EMDR le savent bien. Il est systématique de repérer une distorsion cognitive lors du rappel d’un évènement traumatique. Le simple fait de se rappeler un évènement qui nous fait encore souffrir émotionnellement vient affecter le fonctionnement de notre cortex pré-frontal, dont les différentes régions sont particulièrement impliquées dans la cognition : parole, prise de décision, planification, orientation, réflexion, régulation des émotions, empathie et d’autres encore.

Sachant cela, il s’agit de donner une nouvelle perspective au manque d’estime de soi . Il semble insuffisant de la limiter à un schéma de croyances inadaptées apprises. Il s’agit d’impliquer la dimension émotionnelle en envisageant le manque d’estime de soi par la distorsion de ces croyances sur soi-même due à des événements douloureux . Nous ne sommes pas pure cognition. Loin de là.

EMDR et Estime de Soi : La Thérapie de Mme C

Mme C est une patiente que j’accompagne depuis quelques mois maintenant. Parmi tous les symptômes qu’elle rencontre, le manque d’estime de soi est un symptôme récurrent. Toutes ses séances sont agrémentées d’anecdotes où elle pense “je suis nul”, “je n’y arriverai jamais” ou “je ne peux pas faire ça”.

Suite à une séparation, elle a souhaité entamer une thérapie EMDR pour l’aider à  “débloquer ses freins”. Etant dans une démarche introspective et de développement personnel, elle avait réalisé l’existence de ces “freins”. Sans parvenir à les faire disparaitre.

Après notre première rencontre, nous avons pris le temps d’une séance pour identifier quels étaient les souvenirs cibles à traiter.  Ces souvenirs sont ceux qui, selon la théorie du Traitement Adaptatif de l’Information, maintiennent le système de réseaux dysfonctionnels que Mme C appelle ses “freins”.  Après cette séance de repérage, nos séances se sont focalisées sur la digestion, l’intégration des souvenirs, de leurs émotions et de leurs sensations associées.

Les résultats ne se sont pas fait attendre :

  • Après une séance, Mme C se sentait déjà plus capable. Elle l’a notamment remarqué dans ses relations avec son ex mari. Leurs relations restaient en effet tendues depuis la séparation. Mme C se mettait notamment la pression concernant leurs filles, et la communication que Mme C devait entretenir avec son ex mari pour leur éducation. Elle se sentait nerveuse au moindre sms ou appel téléphonique de celui-ci. Une boule au ventre la prenait systématiquement. Après la première séance, ces sensations avaient diminué, ainsi que la peur qui y était associée.
  • Après la deuxième séance, toutes les sensations négatives avaient disparu. Le traitement a aussi impacté une sensation de stress par rapport à l’heure. Mme C s’interdisait à tout prix d’être en retard. Cette pression avait disparu après cette séance.
  • Après la troisième séance, Mme C se montrait plus ouverte, moins hésitante dans son discours, plus détendue et souriante. Elle sent déjà qu’elle n’est plus la même personne. Elle a pu reprendre ses recherches concernant un travail, qu’elle avait mis de côté, ne se sentant pas capable d’y arriver.

Conclusion

Même si j’observe ce type d’évolution chez mes patients depuis plusieurs années maintenant, je suis toujours émerveillé de voir la transformation des gens, et de pouvoir y participer. Ce sont des moments magiques.

Ces résultats illustrent parfaitement notre postulat théorique de départ. Traiter les racines traumatiques du manque d’estime de soi le font progressivement disparaitre. Et ce de façon durable. Quand l’intégration est complète, nous n’avons plus aucune raison de nous sentir nul, incapable ou pas à la hauteur, car toutes les informations émotionnelles et sensorielles qui soutenaient ces croyances ont disparu.

 

Par Julien Baillet

 

Le Neurofeedback : la Thérapie du Futur

Je participais il y a moins d’une semaine à une nouvelle formation concernant le Neurofeedback. C’est ma 62 ème formation depuis 2010. J’ai en moi ce besoin d’ apprendre toujours plus, de maintenir mes connaissances le plus à jour possible, et de gagner en efficacité, quel que soit mon domaine d’activité. Quand j’enseignais les arts martiaux, ou quand je m’entrainais, j’étais déjà comme cela. Même enfant, sur un terrain de basket, j’agissais comme ça. Et comme psychothérapeute, c’es la même chose. Je peux dire que je ne suis pas déçu par cette formation. Tant par sa richesse en termes de données scientifiques, que dans son potentiel pour le futur. Mais qu’est-ce que le Neurofeedback ?

Le Neurofeedback : Une Thérapie Sur Mesure(s)

Le Neurofeedback est une psychothérapie qui agit directement sur votre cerveau en utilisant des instruments de mesure EEG (électroencéphalogramme) en temps réel.  L’EEG mesure l’activité électrique du cerveau, grâce à un écran et des capteurs. On apprend ensuite à entrainer son cerveau à se modifier, à agir sur les différentes ondes qu’il produit. Si des ondes sont trop présentes, on apprend à les inhiber. Si elles sont trop faibles, on les entraine pour qu’elles gagnent en présence. Simple. Basique. Encore fallait il y penser. Et que la technologie le permette. C’est le cas depuis 30 ans… Oui oui, vous lisez bien. La technique de mesure EEG existe même depuis… Faites une offre ! Allez. 1924. Vous en étiez loin pas vrai ? C’est Hans Berger qui le premier a inventé cette mesure du cerveau. C’est donc grâce à lui qu’on peut effectuer une thérapie sur mesures, au sens propre. On peut désormais construire une thérapie à partir des mesures de l’activité de votre cerveau. Et vous pouvez voir sur l’écran ce qui se passe dans votre cerveau. La thérapie est donc personnalisée. C’était déjà le cas me direz vous. On faisait déjà des prises en charge répondant aux besoins de chacun. Sauf qu’ici, on s’appuie à la fois sur les données cliniques, ET sur les mesures d’activité du cerveau. On gagnera donc en précision, et en efficacité. 

Neurones pyramidaux permettant les mesures EEG

Efficacité du Neurofeedback

Le mot est lâché. Efficacité. Un mot qui pour beaucoup de praticiens n’a pas sa place en thérapie. Rappelons qu’en France, les soignants ont une obligation de moyens. Pas de résultats. Pour moi, la recherche d’efficacité est indispensable. Nous ne sommes pas là pour garder nos patients 20 ans en thérapie. Mais bien pour les aider à être soulagés de leur souffrances. Voyez plutôt les données concernant le Neurofeedback. Classé de 1 à 5, 5 étant le niveau le plus élevé d’efficacité :

Niveau 5 : Efficace et Spécifique

Trouble déficitaire de l’attention avec / sans hyperactivité (TDA et TDAH)

Niveau 4 : Efficace

Anxiété et troubles anxieux

Troubles dépressifs

Epilepsie

Maux de tête

Niveau 3 : Probablement efficace

Alcoolisme/toxicomanie

Fibromyalgie

Insomnie

Amélioration de performance

Etat de Stress Post Traumatique

Traumatisme crâniocérébral

Niveau 2 : Possiblement efficace

Acouphènes (NFB)

(D’après Evidence based practice in Biofeedback and neurofeedback, 3rd Edition, 2016).

Mesure EEG à 19 électrodes

Concrètement

Le neurofeedback se déroule en deux temps. 1/ Un temps d’évaluation, pour mettre à plat l’état actuel du fonctionnement cérébral, puis, à partir de cela, 2/ un temps d’entrainement. A raison de deux fois par semaine. Cela peut sembler beaucoup au premier abord. Mais quand on sait comment fonctionne le cerveau, cela semble normal. Il s’agit désormais d’agir et de construire des thérapies à partir de ce que l’on sait, pas à partir de ce que l’on croit.

Imaginez que votre cerveau est un immense réseau routier. Vous y trouvez des petits chemins, des rues, des routes nationales, départementales, et des autoroutes. Comme le cerveau consomme beaucoup d’énergie (de 20 à 30% de l’énergie total du corps, alors qu’il ne pèse que 2 à 3% du poids total !), il préfère ne pas trop la gaspiller, et évite de la consommer pour rien. Il favorise donc l’usage des autoroutes qui ont été créées par la répétition, et qui sont plus rapides pour diffuser les informations. Le problème est que si ces autoroutes neuronales créent des symptômes, le cerveau va quand même les privilégier. Il est donc nécessaire, pour faire disparaitre ces symptômes, d’arrêter de prendre cet autoroute, et d’en créer une autre. Ce qui prend du temps. Une loi de la neuroplasticité dit : “Ce qui s’allume ensemble, se connecte ensemble”. Nous devons donc soutenir le processus de nouvelle construction neuronale par un travail attentionnel répété. D’où les deux fois par semaine. CQFD.

Il faut donc compter de 20 à 30 séances pour les adultes, et 30 à 40 pour les enfants. C’est ce que dit la recherche actuellement. Bien sûr, cela varie d’une personne à l’autre. Ce n’est pas tant que ça si on y réfléchit bien. Cela veut dire seulement 15 semaines d’entrainement (3 mois et demi ) pour changer de vie. Je trouve que cela vaut le coup. Peut être le futur nous donnera t il des raccourcis pour diminuer le délai d’entrainement ! Mais en attendant…  😉

Je vous en reparle très bientôt, après mes premières séances. Car personnellement, je commence l’entrainement très prochainement   !!!

Par Julien Baillet

 

EMDR Du Burn Out

Eye Movement Desensitization & Reprocessing (EMDR)

EMDR  peut se traduire en français par ” Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires”, ce qui donnerait  DRMO en français… Gardons EMDR. :p

Il s’agit d’un protocole de psychothérapie intégrative qui fait des miracles avec votre cerveau. Je dis bien avec votre cerveau, car il est important de préciser que c’est lui qui fait le travail. Le protocole vient le faciliter. En quelques séances (parfois plus selon les cas), il vous permet de digérer les moments les plus douloureux de votre existence, tant que votre système nerveux le supporte.

Mondialement reconnu pour son efficacité dans le soin du Stress Post Traumatique (Retrouvez plus de détails dans l’article EMDR et TAI : Quand Les Souvenirs Nous Rendent Malade) l’EMDR montre désormais son efficacité et sa pertinence dans le soin de nombreux autres troubles.

Etude de Cas :

Etre en Burn Out pour ne pas se croire fainéant

Dans mon article “Quels Secrets Pour Réussir Son Burn Out”, je proposais sur un ton d’humour noir les meilleurs moyens de réussir efficacement son Burn Out.

Dans mon cabinet, il m’arrive souvent de travailler avec des personnes en Burn Out, ou sur son chemin. J’ai remarqué qu’une des caractéristiques commune à de nombreuses personnes candidates au burn out, c’est une croyance négative très particulière. Et cette croyance, c’est : ” Je suis un(e) fainéant(e)“. Pour lutter contre ce type de croyance, ces personnes se surchargent de travail, de tâches, d’exigences, etc. Car pour elles, n’envisager qu’une seule seconde qu’elles puissent être “fainéantes” est tout simplement insupportable. Mieux vaut s’épuiser dans des tâches inutiles, où avoir l’air de travailler ou d’être productif.  C’est donc pour éviter cette croyance qu’ils développent des stratégies qui deviennent des problèmes. (NB: il existe d’autres croyances négatives dans le fonctionnement du Burnout que je n’aborderai pas ici).

Qu’est-ce qu’une croyance négative ?

Un des problèmes que pose une croyance, c’est qu’elle ne se contrôle pas. Elle est là, en nous, tapie dans l’ombre de notre conscience, prête à être réactivée par le moindre déclencheur du quotidien (situation, parole, émotion, sensation) et venant la rappeler à nous. Deux raisons majeures viennent expliquer cela :

1/ La structure du cerveau, échafaudée sur ” 3 grands niveaux ” d’après le modèle de Mc Lean : le niveau cognitif, le niveau émotionnel (cerveau limbique), et le niveau sensori-moteur ou corporel (cerveau reptilien).  Cette structure implique que nos croyances existent en fonction des émotions et des sensations qui la soutiennent (d’autres infos dans le bonus de mon blog ;)).

2/ L’âge de développement auquel cette croyance a été apprise. Si on arrête de croire au Père Noël, ce n’est pas uniquement parce qu’un de nos camarades de classe a voulu faire le buzz et a balancé l’info à la récré. C’est aussi parce que le développement de notre cerveau ne le permet plus (sauf cas exceptionnels de déni pathologique ou de dissociation, qui peuvent nous maintenir dans des croyances erronées pour ne pas gérer une part difficile de la réalité). L’histoire des rennes volants, des elfes, etc, tient de moins en moins la route… Et à quoi servent les magasins de jouets, si les elfes du Père Noël les fabriquent tous ? 🙂

Le Cerveau Triunique de Mc Lean ; en rose, le cerveau reptilien, en jaune le cerveau limbique, en bleu/vert le cerveau cognitif.

Parenthèse technique : dans un travail en thérapie EMDR, définir une croyance négative signifie qu’elle doit correspondre à plusieurs critères. La théorie EMDR part du principe qu’une croyance négative est une manifestation post traumatique.  Elle est issue d’un traumatisme. Cette croyance est auto référencée (elle parle de nous), irrationnelle (ne renvoie pas à un fait réel), actuelle (elle reste présente), généralisable (elle revient dans différente situations), et enfin elle a une résonance affective (elle génère des émotions).

On voit bien que la croyance “Je suis un(e) fainéant(e)” correspond à de nombreux critères. Car cette croyance est un jugement de valeur. Une première étape du traitement va être de trouver les souvenirs du passé qui soutiennent cette croyance négative. On appelle cela trouver le Souvenir Source. C’est le souvenir le plus ancien qui a fait traumatisme, et a “initié” la croyance négative. Il s’agira ensuite de retraiter ce souvenir. Et la croyance négative disparaitra d’elle même, ou sera au moins atténuée par le traitement (Certaines situations complexes méritent le traitement de plusieurs souvenirs).

Retraitement des Souvenirs

Dans le cas d’une de mes patientes, nous avons trouvé dans son histoire de nombreux souvenirs venant de ses relations familiales. Ses parents étaient enseignants, et ne lui accordaient aucun moment de répit lorsqu’elle était enfant, puis adolescente. Quand les cours étaient finis, place aux devoirs. Quand les devoirs étaient finis, place aux révisions. Quand les révisions étaient finies, place aux activités. Etc. Aucun moment n’était laissé au jeu, au repos, à l’ennui, à la rêverie, ou autre. Il ne fallait surtout pas rester inactif, sans rien faire. Parmi d’autres souvenirs, cette patiente se rappelait très précisément comment son père articulait, et le ton de sa voix quand il évoquait sa “fainéantise”. C’est de cette image et de ce son dévalorisant dont nous sommes partis pour débuter le traitement.

Au cours des séances, cette patiente a pu ressentir diminuer une pression interne qui l’accompagnait “depuis toujours” disait elle. Elle se considère beaucoup moins comme une fainéante lorsqu’elle est fatiguée, ou qu’elle a envie de s’amuser. Même le mot “fainéant” n’est plus un problème. Elle s’est progressivement autorisée à prendre du repos, puis des congés, et parfois même des arrêts maladie. Pendant longtemps, elle se l’était interdit pour ne pas être un poids pour la société, et pour ne pas pénaliser ses collègues de travail. “Ils comptent sur moi” disait elle.

Cette patiente a su mettre fin à des années de négligence d’elle même, de ses besoins de repos, et autres. Elle a progressivement retrouvé le sourire, l’envie, et la motivation de faire des choses. Elle est désormais vigilante sur ses envies d’être parfaite, ses besoins de légèreté, de repos et de récupération. Car nous ne sommes pas nés pour produire. Nous sommes plus que cela. C’est ce que notre corps nous rappelle dans l’épuisement du Burnout.

Par Julien Baillet

Quels Secrets Pour Réussir Son Burn Out ?

Le Burn Out : Une mode passagère ou la naissance d’un mythe ?

Le Burn Out est une pratique très à la mode actuellement. De plus en plus de gens sont impatients d’expérimenter cet état psychologique très particulier, qui connait un véritable succès dans le monde de l’entreprise (mais pas seulement), et qui nous vient, comme toujours, des USA.

C’est à Christina Maslach que l’on doit les premières descriptions de ce trouble dans les années 1970. Elle parle du Burn Out comme « un épuisement mental et physique des personnes dont le travail nécessite un contact permanent avec autrui » (Maslach, 1976).

Très vite, Schaufeli et Enzmann la rejoignent en pompant son travail et en décrivant « un état d’épuisement physique, émotionnel et mental résultant d’une exposition à des situations de travail émotionnellement exigeantes » (Schaufeli et Enzmann, 1998).

Il sera conceptualisé pour la première fois par Freuden- Berger en 1975, pour décrire l’épuisement au travail de professionnels et de bénévoles travaillant avec des toxicomanes et caractérisé par le fait de « ne pas y arriver, s’user, être épuisé par une exigence excessive en énergie, force ou ressources » (Freudenberger, 1975).

Qui n’a pas rêvé de vivre un tel état de fatigue, de doute, d’épuisement, de craquage émotionnel et physique au cours de sa vie ? Il saute aux yeux que ce n’est pas une simple mode mais une véritable révolution qui est en cours. Tout le monde aura bientôt fait au moins un Burn Out avant ses 30 ans, et pourra en parler. “J’étais au fond du seau, nous dit Yann en consultations. Je commençais à pleurer dès que mon réveil sonnait. Je crois même que je pleurais dans mes rêves. ” Un bel exemple de Burn Out réussi.

En mal de reconnaissance 

Malgré son succès auprès du grand public, la reconnaissance du burn out en tant qu’entité clinique à part entière fait encore débat au sein de la communauté scientifique. Rien de tel qu’un peu d’humilité de la part de nos chers scientifiques : “On ne sait pas ce que c’est”, osent ils dire désormais. Et ce sans rougir de leur manque d’efficacité . Un bel exemple d’acceptation de leurs faiblesses et de leurs limites.

Ainsi, le Burn Out ne fait actuellement pas partie des diagnostics officiels de maladie dans les classifications de référence, que ce soit dans la Classification internationale des maladies (CIM-10) de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) où il figure en tant que facteur influençant l’état de santé, ou dans le Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-IV) établi par l’Association américaine de psychiatrie.

Les 3 Clés du Burn Out

Pour bien réussir votre Burn Out, je vous conseille d’appliquer, le modèle MBI (Maslach Burnout Inventory) qui le décrit selon trois dimensions :

1/ La première et la plus centrale est l’épuisement émotionnel, psychique mais aussi physique. D’après Maslach le syndrome d’épuisement professionnel ne peut se résumer à cette seule dimension (condition nécessaire mais non suffisante). Il est donc très important d’être rincé dans tous les aspects de votre personnalité. Ne négligez aucune dimension !

2/ La seconde dimension est la dépersonnalisation (ou cynisme) se traduisant par un retrait et une indifférence vis-à-vis du travail. Il s’agit d’une réaction très rapidement mise en œuvre par le sujet face à la survenue de l’épuisement émotionnel. Très vite, vous entrez dans un état de grâce où plus rien ne vous importe : ni vos amis, ni votre femme, ni votre compte en banque, ni votre club de sport ne sont importants. Vous êtes au dessus de tout ça.

3/ La troisième dimension est la perte de l’accomplissement personnel, se traduisant par une inefficacité au travail et une dévalorisation. C’est là que l’on touche véritablement le fond, et que l’on sait que le Burn Out est réussi. Car vous avez échoué. Le sentiment d’échec est là, cuisant, insupportable. C’est le climax de votre Burn Out.

Accélérer le processus : Boostez Les Facteurs Psychosociaux

Bien connaitre les facteurs psychosociaux du Burn Out va vous permettre d’accélérer son développement et de le designer sur mesure.

1/ la charge de travail 

C’est la base. Faites en le plus possible ! Ne vous limitez surtout pas (erreur de débutant). Si vous pouvez, essayez de faire le boulot de plusieurs personnes. Et surtout, surtout… Ne déléguez plus rien ! De toute façon votre secrétaire fait mal son travail : donc repassez derrière elle pour vérifier si elle n’a pas réussi à vous faire gagner du temps.

2/ La pression temporelle

La semaine de 35h ? Dans une journée, oui. C’est exactement ce qu’il vous faut. Travaillez chez vous, la nuit, les week ends. De toute façon vous êtes nul en loisirs et en vacances. Autant travailler votre Burn Out. Et vous reposer… LOL ! MDR ! PTDR ! Pour passer en mode expert, vous pouvez raccourcir les deadlines de vos objectifs. Une pure merveille.

3/ Manque de ressources 

Cette dimension ne vous appartient pas forcément. Si votre employeur a décidé de vous donner plus de moyens pour mieux travailler, renoncez. Des conditions précaires, y a que ça de vrai. Pas de papier, pas d’ordi, pas d’encre pour les imprimantes, pas de logiciels adaptés… Soyez créatifs. Proposez davantage d’économies à vos patrons s’ils veulent faire du zèle.

4/ Faible contrôle

A nouveau, c’est votre environnement qui va favoriser cela. Des règlements intérieurs lourds et fluctuants, des process de validation interminables, ne pouvoir avoir aucune initiative donneront à votre Burn Out une dimension soumise particulièrement prisée.

5/ Faibles récompenses 

Travailler pour la gloire, c’est l’idéal pour le Burn Out. Le sacrifice fait partie de votre culture judéo-chrétienne : servez vous en. C’est un atout de taille pour votre épuisement personnel. Renoncez aussi aux primes, récompenses, félicitations et autres formes de reconnaissance qui ne sont que perte de temps, du temps qui aurait pu être investi dans du travail !

Aller Plus Loin : Devenir Expert en Burn Out

Même s’ils ne sont pas d’accord pour la reconnaissance du trouble, les chercheurs du domaine soulignent tout de même l’importance des caractéristiques liées à la nature de l’activité elle-même.

Ainsi, ce n’est pas un hasard si les secteurs des soins à la personne ont été les premiers à être étudiés en matière d’épuisement professionnel. 

La charge émotionnelle liée à ces activités, nécessitant d’exprimer ou de réprimer ces émotions, de manifester de l’empathie, jouerait un rôle non négligeable dans la survenue du burnout

La combinaison de l’exposition aux stresseurs et d’un « emploi chargé émotionnellement » serait particulièrement prédictive du burnout (Zapf et coll., 2001).

C’est donc le jackpot pour vous, si en plus des critères précédents, vous travaillez comme infirmier, médecin, éducateur, pompier, psy, urgentiste, ou dans toute autre profession qui vous expose régulièrement aux émotions et à la souffrance d’autrui. Votre Burn Out approche !

 

Marre de la mode ? Sortir du Burn Out et se Soigner

Si un seul Burn Out vous a suffi, ou si vous n’êtes décidément pas comme tout le monde et voulez l’éviter, quitte à passer pour un extra terrestre auprès de vos proches et collègues, d’autres voies s’ouvrent à vous.

Votre médecin peut prescrire un arrêt de travail, dont la durée est adaptée à l’évolution du trouble et au contexte socio-professionnel, ainsi que des interventions psychothérapeutiques ou psychocorporelles (thérapies cognitivo-comportementales, relaxation, méditation pleine conscience, …).

J’ai fréquemment l’occasion d’accompagner des Burn Out confirmés ou en cours d’acquisition. Pour tous, le travail en EMDR a été d’une grande efficacité. (approfondissez vos connaissances de ce modèle en lisant cet article : Quand Les Souvenirs Nous Rendent Malade).

Les thématiques ciblées avec eux sont les suivantes :

  • Travailler sur les croyances bloquantes de type “Je suis nulle” qui sont particulièrement résistantes et présentes. C’est souvent à cause de ces croyances négatives que les prétendants aux Burn Out essaient de contre balancer le sentiment d’être nul en travaillant toujours plus. Ils réalisent difficilement l’étendue de leur travail, la qualité de celui-ci, et ne parviennent pas à en être fier, s’en réjouir, ou en profiter. Ce qui conduit à toujours plus de travail. Et jamais à résoudre l’origine de la croyance négative.

 

  • Les croyances jugeantes sont aussi très présentes : “Si je ne fais rien, je suis un feignant” revient systématiquement dans leur discours. La solution est la même que précédemment : soigner l’origine de cette croyance sera plus efficace que de vouloir l’effacer artificiellement ou l’enterrer sous des tonnes de travail.

 

  • Travailler la bienveillance envers soi même. Les mécanismes du Burn Out sont très proches de ceux de l’auto maltraitance. Il convient d’aider à développer plus d’auto compassion, pour freiner l’hyper exigence. L’ Amour de Soi doit devenir indépendant de ce que l’on réalise ou réussit. 

Toutes ces thématiques viennent soigner les dimensions traumatiques très présentes et très négligées dans le Burn Out. Elles soutiennent son fonctionnement et sa répétition.

Prenez Soin De Vous ! Personne ne le fera à votre place 😉

 

Par Julien Baillet