EMDR Du Burn Out

Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Eye Movement Desensitization & Reprocessing (EMDR)

EMDR  peut se traduire en français par ” Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires”, ce qui donnerait  DRMO en français… Gardons EMDR. :p

Il s’agit d’un protocole de psychothérapie intégrative qui fait des miracles avec votre cerveau. Je dis bien avec votre cerveau, car il est important de préciser que c’est lui qui fait le travail. Le protocole vient le faciliter. En quelques séances (parfois plus selon les cas), il vous permet de digérer les moments les plus douloureux de votre existence, tant que votre système nerveux le supporte.

Mondialement reconnu pour son efficacité dans le soin du Stress Post Traumatique (Retrouvez plus de détails dans l’article EMDR et TAI : Quand Les Souvenirs Nous Rendent Malade) l’EMDR montre désormais son efficacité et sa pertinence dans le soin de nombreux autres troubles.

Etude de Cas :

Etre en Burn Out pour ne pas se croire fainéant

Dans mon article “Quels Secrets Pour Réussir Son Burn Out”, je proposais sur un ton d’humour noir les meilleurs moyens de réussir efficacement son Burn Out.

Dans mon cabinet, il m’arrive souvent de travailler avec des personnes en Burn Out, ou sur son chemin. J’ai remarqué qu’une des caractéristiques commune à de nombreuses personnes candidates au burn out, c’est une croyance négative très particulière. Et cette croyance, c’est : ” Je suis un(e) fainéant(e)“. Pour lutter contre ce type de croyance, ces personnes se surchargent de travail, de tâches, d’exigences, etc. Car pour elles, n’envisager qu’une seule seconde qu’elles puissent être “fainéantes” est tout simplement insupportable. Mieux vaut s’épuiser dans des tâches inutiles, où avoir l’air de travailler ou d’être productif.  C’est donc pour éviter cette croyance qu’ils développent des stratégies qui deviennent des problèmes. (NB: il existe d’autres croyances négatives dans le fonctionnement du Burnout que je n’aborderai pas ici).

Qu’est-ce qu’une croyance négative ?

Un des problèmes que pose une croyance, c’est qu’elle ne se contrôle pas. Elle est là, en nous, tapie dans l’ombre de notre conscience, prête à être réactivée par le moindre déclencheur du quotidien (situation, parole, émotion, sensation) et venant la rappeler à nous. Deux raisons majeures viennent expliquer cela :

1/ La structure du cerveau, échafaudée sur ” 3 grands niveaux ” d’après le modèle de Mc Lean : le niveau cognitif, le niveau émotionnel (cerveau limbique), et le niveau sensori-moteur ou corporel (cerveau reptilien).  Cette structure implique que nos croyances existent en fonction des émotions et des sensations qui la soutiennent (d’autres infos dans le bonus de mon blog ;)).

2/ L’âge de développement auquel cette croyance a été apprise. Si on arrête de croire au Père Noël, ce n’est pas uniquement parce qu’un de nos camarades de classe a voulu faire le buzz et a balancé l’info à la récré. C’est aussi parce que le développement de notre cerveau ne le permet plus (sauf cas exceptionnels de déni pathologique ou de dissociation, qui peuvent nous maintenir dans des croyances erronées pour ne pas gérer une part difficile de la réalité). L’histoire des rennes volants, des elfes, etc, tient de moins en moins la route… Et à quoi servent les magasins de jouets, si les elfes du Père Noël les fabriquent tous ? 🙂

Le Cerveau Triunique de Mc Lean ; en rose, le cerveau reptilien, en jaune le cerveau limbique, en bleu/vert le cerveau cognitif.

Parenthèse technique : dans un travail en thérapie EMDR, définir une croyance négative signifie qu’elle doit correspondre à plusieurs critères. La théorie EMDR part du principe qu’une croyance négative est une manifestation post traumatique.  Elle est issue d’un traumatisme. Cette croyance est auto référencée (elle parle de nous), irrationnelle (ne renvoie pas à un fait réel), actuelle (elle reste présente), généralisable (elle revient dans différente situations), et enfin elle a une résonance affective (elle génère des émotions).

On voit bien que la croyance “Je suis un(e) fainéant(e)” correspond à de nombreux critères. Car cette croyance est un jugement de valeur. Une première étape du traitement va être de trouver les souvenirs du passé qui soutiennent cette croyance négative. On appelle cela trouver le Souvenir Source. C’est le souvenir le plus ancien qui a fait traumatisme, et a “initié” la croyance négative. Il s’agira ensuite de retraiter ce souvenir. Et la croyance négative disparaitra d’elle même, ou sera au moins atténuée par le traitement (Certaines situations complexes méritent le traitement de plusieurs souvenirs).

Retraitement des Souvenirs

Dans le cas d’une de mes patientes, nous avons trouvé dans son histoire de nombreux souvenirs venant de ses relations familiales. Ses parents étaient enseignants, et ne lui accordaient aucun moment de répit lorsqu’elle était enfant, puis adolescente. Quand les cours étaient finis, place aux devoirs. Quand les devoirs étaient finis, place aux révisions. Quand les révisions étaient finies, place aux activités. Etc. Aucun moment n’était laissé au jeu, au repos, à l’ennui, à la rêverie, ou autre. Il ne fallait surtout pas rester inactif, sans rien faire. Parmi d’autres souvenirs, cette patiente se rappelait très précisément comment son père articulait, et le ton de sa voix quand il évoquait sa “fainéantise”. C’est de cette image et de ce son dévalorisant dont nous sommes partis pour débuter le traitement.

Au cours des séances, cette patiente a pu ressentir diminuer une pression interne qui l’accompagnait “depuis toujours” disait elle. Elle se considère beaucoup moins comme une fainéante lorsqu’elle est fatiguée, ou qu’elle a envie de s’amuser. Même le mot “fainéant” n’est plus un problème. Elle s’est progressivement autorisée à prendre du repos, puis des congés, et parfois même des arrêts maladie. Pendant longtemps, elle se l’était interdit pour ne pas être un poids pour la société, et pour ne pas pénaliser ses collègues de travail. “Ils comptent sur moi” disait elle.

Cette patiente a su mettre fin à des années de négligence d’elle même, de ses besoins de repos, et autres. Elle a progressivement retrouvé le sourire, l’envie, et la motivation de faire des choses. Elle est désormais vigilante sur ses envies d’être parfaite, ses besoins de légèreté, de repos et de récupération. Car nous ne sommes pas nés pour produire. Nous sommes plus que cela. C’est ce que notre corps nous rappelle dans l’épuisement du Burnout.

Par Julien Baillet


Partagez l'article
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
    36
    Partages
  • 36
  •  
  •  
  •   

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.