Intégration Des Réflexes Archaïques : Les Mouvements Qui Soignent

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Parmi les pratiques thérapeutiques sur lesquelles je travaille actuellement, et que je trouve très prometteuse et pertinente, figure l’intégration des réflexes archaïques. Je m’y forme depuis plus d’un an maintenant, et continue d’y trouver un intérêt grandissant. C’est une approche très riche et très différente d’une approche psychologique classique. Loin de nous limiter à notre simple pensée, elle vient valoriser les aspects corporels de notre fonctionnement psychologique. Elle place aussi le corps mais surtout le mouvement, au centre et au départ de tout. Ne vous en déplaise, nous sommes tout d’abord faits pour bouger, pas pour penser, encore moins pour rester assis, et alors rester devant des écrans… Ai-je besoin d’en parler ? Tout l’équilibre, le développement et la bonne santé de notre système nerveux reposent sur ces capacités à nous mouvoir correctement. Et en premier lieu, sur nos réflexes. Voyez plutôt comment cela fonctionne.

Les Réflexes Archaïques 

 “ Tous les actes de la vie consciente et inconsciente sont des réflexes à leur origine ”.

– I. M. Sechenov (1863/1995), physiologiste russe

Dans le monde de la neurologie et de la neurophysiologie, les réflexes ont depuis longtemps été décrit pour leur rôle biologique, le stimulus qui les active et les réponses motrices comportementales.  I. M. Sechenov (1829 -1905) and I. P. Pavlov (1849/1936) ont décrit le réflexe comme une unité biologique statique et dynamique : 1/ qui pré-détermine le développement du système nerveux, étant inconditionné (non-modifiable et programmé par la nature) 2/ Et dans le même temps, il est affecté par l’expérience et les apprentissages, créant des réponses spécifiques et conditionnées.

Cela signifie donc qu’ils sont à la fois génétiquement programmés, puisqu’ils sont présents dès notre vie in utero, et dans le même temps, ils sont affectés par l’expérience et les apprentissages. De plus, comme ils déterminent le développement du système nerveux, ils sont une porte d’entrée de la plus grande importance pour accéder à son fonctionnement.

Les recherches dans le siècle dernier ont montré que les réflexes non conditionnés sont caractérisés par 5 éléments distincts :

1. Un réflexe n’est pas une réponse indépendante : il dépend d’un stimulus ;

2.  Il est le résultat d’un feedback du système nerveux à un stimulus ;

3) Il est basé sur l’activation du système nerveux ;

4)  Il est une réponse impliquant les neurones moteurs qui transmettent les impulsions depuis le système nerveux central (cerveau) vers les effecteurs ( les muscles et les glandes) à travers la totalité du corps ;

5) Il est une réponse à un changement dans l’environnement (Pavlov, 1927/1995; Sechenov, 1863/1961; Sherrington, 1947; Magnus, 1925; Vygotsky, 1986; Bernstein, 1997; Asratian, 1963, 1983) dans le but de maintenir l’homéostasie de l’organisme.

Svetlana Masgutova, Phd

Plus récemment, Svetlana Masgutova a décrit les réflexes archaïques ou primaires comme des réponses automatiques inhérentes génétiques/épigénétiques du système nerveux central à des formes adéquates et spécifiques de stimuli (tactile, visuel, auditif, vestibulaire, proprioceptif ou olfactif) dans une forme de réaction motrice, posturale, glandulaire, pupillaire ou de la membrane du tympan , en activant la protection de l’organisme et les stratégies de survie à travers l’axe HPA du stress  (triangle hypothalamo-pituitaire-adrenal) (Masgutova, Akhmatov, 2013; Masgutova, Masgutov, 2013).

Intégration Des Réflexes

Dans son approche, Svetlana Masgutova utilise le concept d’intégration des réflexes, et focalise sa pratique sur la restauration et la maturation de schémas moteurs primaires, des réflexes et de la coordination des systèmes pour parvenir à une performance optimale des mécanismes naturels, des processus neurodévelopementaux, du fonctionnement du cerveau et de l’intégration sensorimotrice.   

L’intérêt de l’ activation des schémas réflexes est de réveiller les ressources motrices génétiques naturelles et les programmes de régénération, de cohérence et de renforcement des mémoires motrices et sensorimotrices, afin d’augmenter la résilience. Avec cette amélioration globale de fonctionnement, les personnes sont capables de bouger avec leur plein potentiel moteur, social, émotionnel et cognitif.

Chacun des réflexes archaïque est une unité au service du système nerveux, tout d’abord pour protéger et survivre, et ensuite comme fondation du développement.  

Application

Restons en là pour la théorie. Passons aux choses pratiques. Comment ça se passe ? Très simple. Comme dans beaucoup de systèmes de soin, on commence par une évaluation. Elle va permettre d’évaluer les différents réflexes archaïques, et leur niveau d’intégration. Le test dure environ une heure.

La deuxième étape va proposer l’intégration du ou des réflexes. Généralement, cela se déroule en trois temps :

1. Une intégration sensorielle, dans laquelle par un touché approprié, et parfois par des mouvements accompagnés (ou portés), nous allons réveiller la chaine musculaire impliquée dans le réflexe. L’idée est de dire au corps : “rappelles toi, voilà comment on fait ce mouvement.” A cette étape, le patient est le plus détendu et relâché possible. Il n’exerce pas de mouvement volontaire de son corps.

2. Une intégration sensori-motrice :  le patient est alors plus impliqué dans ses mouvements volontaires. Le mouvement est décomposé avec lui, doucement, et accompagné d’une respiration, pour permettre une meilleure intégration.

3. L’ intégration motrice : le patient va lui même exercer des mouvements contre résistance de faible intensité, toujours lentement et en respirant, pour l’aider à intégrer davantage encore le mouvement, ainsi qu’à le diversifier.

Après la séance, des exercices d’auto-renforcement sont proposés pour favoriser l’intégration.

Exemple de réflexe non-intégré : le réflexe de Babinski

Dans cette vidéo, vous voyez comment le stimuli du crayon sur le bord du pied vient activer un mouvement involontaire du patient. Les effets d’un réflexe de Babinski non intégré peuvent être les suivants : une marche reposant sur le bord externe, ou interne des pieds (aisément remarquable à l’usure des chaussures) ; des difficultés de coordination globale ou fine ; un retard dans le développement du langage ; l’énurésie ; des douleurs de hanche ou dans l’aine ; une personnalité timide (d’après S.Masgutova, Integration of dynamic and postural reflexes into the whole body movement system, 2004).

Comme vous le voyez, le test est très simple. Alors pour savoir si votre réflexe de Babinski vous fait défaut, n’hésitez pas à vous tester ! 🙂

Par Julien Baillet

 


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