Soigner Ses Démons Au Lieu de Les Combattre

Une Sagesse Millénaire

Voici une stratégie thérapeutique intéressante et efficace : Soigner Nos Démons et Cesser de Les Combattre … A priori, ce n’est pas vraiment “mainstream” comme idée. La tendance actuelle est plutôt au combat, à la destruction, à la démonstration de force, à la performance, plutôt qu’au soin, à l’attention, à la réparation et à la bienveillance. Qu’en pensez-vous ?

C’est d’autant moins mainstream que la référence dont je tire cette idée date du XI ème siècle. Entre 1055 et 1045 après J.C, pour être précis. Et elle est attribuée à Machig Lapdrön, une enseignante bouddhiste dont la sagesse et les écrits ont été mis à jour par Tsultrim Allione, lama bouddhiste fondatrice de Tara Mandala, un centre de retraite bouddhiste situé dans le Colorado.

Lama Tsultrim Allione

Qu’est-ce qu’un Démon ?

Le terme Démon a plutôt mauvaise presse en occident. Pourtant étymologiquement, le mot démon vient du grec daimôn, qui signifie “génie protecteur, dieu”, et qui était l’inspirateur de la destinée d’un homme ou d’une collectivité. Le daimôn grec était donc une créature divine, un esprit guide fiable et digne de confiance. Plutôt perçu positivement donc.

Avec le temps, l’histoire, les évolutions culturelles et les influences religieuses, le sens a changé. Le démon est devenu un ennemi. Un être méprisable, à rejeter, exclure, voir pire, à éliminer. En tout cas, à combattre.

C’est ce que Tsultrim Allione nomme “le mythe du tueur de dragons“. On le retrouve avec Hercule, qui dans ses douze travaux est amené à combattre l’Hydre de Lerne. Et beaucoup d’histoires plus récentes, valorisent uniquement le héros qui terrasse le dragon et sauve la princesse ! Renvoyant notre monde actuelle à une quête permanente de héros pour nous sauver, ou de princesse à sauver. Je ne citerai que l’exemple de Bruce Wayne dans Batman, mais combien de “SuperHéros” se retrouvent dans le même schéma de lutte contre le mal ?

On observe ainsi une véritable polarisation, la création de deux extrêmes, entre le bien et le mal, la lumière et l’obscurité, etc. Et seule la lutte semble pouvoir exister en guise de solution. Jamais la paix. Avez-vous essayé d’imaginer certaines histoires, certains films, en enlevant les luttes et les combats qui les remplissent ? Je m’amuse à faire cela de temps en temps. Et c’est très déroutant !

Si je reprends l’exemple de Batman (je m’inspire ici des films les plus récents de Christopher Nolan), je me suis imaginé Bruce Wayne, qui perd ses parents quand il est enfant. Dans le film Batman Begins, ils sont tués sous ses yeux lorsqu’un voleur s’empare de l’argent et les bijoux du couple Wayne. Dans l’histoire le jeune Bruce va être traumatisé par cet épisode, et va destiner sa vie à d’abord venger ses parents en tuant leur assassin, puis à combattre le crime de façon plus globale, pour éviter que n’existe d’autres orphelins.

Je me suis imaginé Bruce Wayne pris en charge en EMDR lorsqu’il perd ses parents quand il est enfant, pour l’aider à digérer ce traumatisme… Oui, c’est original 😉 Et bien une fois cela fait, Batman n’existe plus. Il n’y a que Bruce Wayne qui va pouvoir vivre sa vie milliardaire, venir en aide aux plus démunis sans se sacrifier dans une double vie qui le place continuellement en danger et en lutte permanente.

Rahula, divinité protectrice bouddhique, protège l’esprit contre les fausses convictions

Nos Démons Internes

Les démons évoqués par Tsultrim Allione ne sont ni des fantômes, ni des farfadets, ni des serviteurs de satan. Ce sont nos inquiétudes actuelles, les difficultés qui nous accablent ou nous privent de liberté. Ils sont parfois issus de conflits relationnels, de l’anxiété que peut générer de prendre l’avion, ou de notre difficulté à nous regarder dans le miroir. Cela peut être la peur de l’échec,  la dépendance sous de nombreuses formes ( à des substances ou à des comportements par exemple). La peur de l’abandon, la violence, l’anorexie ou la boulimie, la peur du vide ou de l’obscurité.

Avec un regard de “psy occidental”, cela recouvre pas mal de symptômes et de diagnostiques décrits dans les manuels de psychopathologie ! Sauf qu’ici, l’approche est radicalement différente, grâce à la bienveillance et à la compassion intégrés le bouddhisme (Freud s’était malheureusement arrêté à la neutralité bienveillante 🙂 ). Ici, les symptômes ne sont pas vus comme pathologiques, mais comme adaptatifs.

Nos démons seraient donc nos souffrances internes, non soignées, non apaisées. Ils font partie intégrante de l’esprit, et n’ont pas d’existence indépendante. Ils sont reliés, dépendants de notre esprit. En les ignorant ou en les combattant, nous les laissons en souffrance ou nous les renforçons et les faisons grandir. Comme nous n’avons pas appris à les reconnaitre pour ce qu’ils sont, c’est à dire des parts de nous en souffrance, nous n’avons pas appris à nous en occuper convenablement. Notre esprit les croyant réels et dangereux pour nous, nous n’avons appris qu’à les combattre. Il est donc très important pour nous d’apprendre à apaiser notre part combattante, et à cesser de vouloir dominer ce que nous percevons comme un “ennemi”.

Nous pouvons avoir aussi tendance à “projeter” nos démons sur les autres. Ce que nous détestons le plus chez les autres, c’est généralement le reflet de l’un de nos démons. Ceux que nous critiquons ou essayons de dominer, ont en eux les mêmes démons qui nous hantent. Nous comporter “comme si” nous n’avions aucune part d’ombre, nous rend particulièrement vulnérable à nos démons, çar nous n’avons pas conscience de leur présence. Ils agissent donc malgré nous. Reconnaitre nos démons en les mettant à jour et en leur faisant face de manière consciente les rendra moins dangereux . Et pour les transformer en alliés protecteurs, il nous faudra les soigner.

Soigner Ses Démons

Dans mon article sur les parts de soi,  j‘abordais les différentes phases du soin de nos parts blessées. Identifier, Accepter, Accueillir. Vous vous rappelez ?(Reprenez l’article ici si ce n’est pas le cas). 

Tsultrim Allione, elle, propose un protocole en 5 étapes qu’elle a nommé “Nourrir ses Démons”, tiré des enseignements de Machig Lapdrön. Par nourrir, elle ne veut pas dire entretenir les démons dans leurs aspects négatifs (ressentir de la peur, de la honte ou du débout n’a rien d’agréable), mais plutôt aider les démons à se transformer en leur donnant ce dont ils ont besoin. Ce qui mettra fin à leur souffrance. Je préfère parler de Soin pour éviter une éventuelle confusion sur quelle nourriture nous allons apporter au démon. Voici les étapes qu’elle propose.

Etape 1 : Trouver le démon

Etape 2 : Incarnez le démon, et identifiez ses besoins

Etape 3 : Devenez le Démon

Etape 4 : Nourrissez le Démon, rencontrez l’allié

Etape 5 : Repos dans un état de conscience détendu.

On retrouve les 3 étapes que je proposais, à laquelle s’ajoute la dimension “Nourriture” ou “Soin”. Cette dimension va apporter la transformation nécessaire pour que le démon devienne un allié. Ce qui n’est pas rien ! 😉

Le plus important pour prendre soin de vos démons, de vos parts, c’est l’accueil. C’est de sortir du combat ou du rejet dans lesquels vous vous êtes habitués à être. Ce n’est pas facile, mais je vous garantis que cela en vaut la peine.

D’après “Nourrir Ses Démons, Utilisez la sagesse ancienne pour résoudre vos conflits intérieurs ” (Tsultrim Allione, 2008).

 

Par Julien Baillet

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Comprendre Le Problème Ne Résout Pas Le Problème

Lors de mes suivis en cabinet, je commence habituellement par une séance d’évaluation et de rencontre. C’est l’occasion pour le patient et moi-même de faire connaissance, de parler de ce qui l’amène à consulter, de faire un point sur leur vie privée, familiale et professionnelle. Quand vient le moment, je leur demande quelles sont leurs attentes en venant me voir. Et pour beaucoup d’entre eux la réponse est ” Je veux comprendre.  ” Je leur demande alors inévitablement :

Vous venez pour comprendre vos problèmes, ou pour résoudre vos problèmes ?

Beaucoup sont étonnés par ma question. Souvent, c’est parce qu’ils pensent, comme la plupart des gens, que comprendre le problème, cela suffit pour le résoudre. C’est un mythe particulièrement présent et fort en psychologie, mais aussi dans de nombreux domaines. Si je parle de mon passé, de mes problèmes, et que je comprends d’où cela vient, je serai libéré, soulagé.  J’ai moi même entretenu cette croyance, et passé des années à me demander pourquoi. A me questionner. Croyant que cela résoudrait mes problèmes et mes souffrances. C’est aussi comme cela que j’ai été formé. Jusqu’à ce que je réalise que ça ne résolvait pas grand chose aux problèmes. Voir rien. Je me suis alors re formé. Rien de tel que d’avoir parcouru un chemin pour se rendre compte que ce n’est pas le bon.  😉
Pour plus de clarté dans mon propos, je vous propose de mettre en images cette idée simple, peut être simpliste même pour vous, voir Lapalissadesque 🙂 . Bref. J’enfonce peut être une porte ouverte. Mais c’est pour être certain qu’elle est vraiment ouverte. Car avoir une idée, c’est bien. Mais si nous ne l’appliquons pas, elle ne nous sert pas à grand chose.
Comme vous êtes peut être à un niveau débutant 😉 dans la catégorie résolution de problème, nous allons partir d’un problème de débutant.
Le voici : votre pneu est crevé.  Certes, ce n’est pas un problème psy. Mais pour débuter, c’est parfait !

Si Nous Essayons de Comprendre le problème,

Hypothèse 1 : Peut être quelqu’un vous en veut il, et a volontairement agressé votre pneumatique.

Ou bien …

 Hypothèse 2 : vous optez pour un point de vue transgénérationnel, oedipien et psychanalytique.

Ou bien …

Hypothèse 3 : vous voyez l’incident comme une punition de vos erreurs passées.

Le Karma est en cause.

Ne vous méprenez pas. Je ne juge aucune de ces hypothèses. Elles ne sont ni bonnes, ni mauvaises. D’ailleurs, elles répondent toutes les trois à la question ” Pourquoi le pneu est crevé ? “.
Mais j’ai appris à me poser une autre question. Celle qui conduit à la solution.
Laquelle de ces trois réponses REPARE LE PNEU ? Et bien AUCUNE !

Maintenant, Pour Résoudre Le Problème

Demander à un professionnel du pneu, peut réparer le pneu.

Si vous êtes bricoleur et équipé, la réparer vous même.

Suivez le Schéma… Et votre voiture vous dira merci.

Je pense que maintenant, vous avez bien perçu la différence. Et c’est là que je voulais vous amener. A différencier la compréhension, l’explication, la théorisation d’un problème, et sa résolution.
J’applique cela quotidiennement en thérapie et dans ma vie depuis que j’ai fait cette différence majeure. Et je peux vous garantir que cela change tout. Je consacre donc mon temps et mon énergie à  résoudre les problèmes, au lieu de comprendre pourquoi ils sont là. En thérapie, cela produit les mêmes effets. Une fois passée l’acceptation que comprendre n’est pas prioritaire actuellement,  nous oeuvrons ensemble à appliquer des solutions pour résoudre le problème. Cela nous permet d’y passer moins temps !
Si vous vous reconnaissez comme appartenant à la première famille, et que face à un problème, vous voulez d’abord comprendre, prenez le temps de vous poser. Et questionnez cette part de vous. Est-ce que cela va vraiment m’apporter ce que je veux de comprendre ? Si vous êtes dans une recherche intellectuelle pure, c’est ok ! Mais n’attendez ni résultat, ni changement direct. Car pour cela, il faudra passer à l’action.
Mon conseil : quel que soit le problème que vous rencontrez, prenez le temps de savoir si vous voulez le comprendre, ou si voulez le résoudre. Car vous ne prendrez pas les mêmes chemins, et n’obtiendrez donc pas les mêmes résultats. N’oubliez pas ce que disent les bouddhistes :

” S’il y a un problème, il y a forcément une solution. “

Par Julien Baillet

Se Libérer Du Traumatisme

Se Libérer Du Traumatisme grâce à Po,

Le Héros de Kung Fu Panda

 

Comment un maître du Kung Fu peut il souffrir de traumatismes ? Et surtout, comment s’en libère-t-il ? C’est ce que je vous propose de découvrir en me retrouvant sur ma chaine youtube avec une vidéo qui va vous montrer comment se libérer du traumatisme grâce à Po, le héros de Kung Fu Panda !

Dans cette vidéo, j’utilise des extraits du film d’animation Kung Fu Panda 2 pour illustrer quelles sont les stratégies d’évitement du traumatisme, que beaucoup de personnes connaissent, et celles à utiliser pour soigner efficacement les traumatismes. 

Pour la visionner, cliquez ici.

Cette vidéo se déroule en 3 étapes. Tout d’abord vous apprendrez quel est le secret utilisé par Maître Shi Fu pour atteindre la paix intérieure, autrement dit soigner les traumatismes. Shi Fu revient sur son histoire avec Po et son maître Oogway, et comment ses sages conseils l’ont aidé à dépasser ses traumas.

Ensuite, nous suivrons Po dans une tentative d’utiliser cette technique. Désabusé par son échec, ses défenses prendront le relais, conduisant Po à dénier sa souffrance, et à tenter la “Méthode Coué”, en se répétant les mots “Paix Intérieur”… Sans grand succès pour le délivrer de ses traumatismes.

Enfin, grâce à la divinatrice, Po accèdera à l’intégration. Elle lui donnera deux conseils très important :  “Cesser de lutter” et “Laisser venir“. Po va alors rassembler tous les conseils de ses mentors et amis pour combiner la technique de Shi Fu et se concentrer sur les souvenirs de son enfance qui remontent.  C’est cette technique de double conscience, ou “d’attention duelle”, qui va lui permettre de retrouver toute sa mémoire, et de l’intégrer dans son histoire  

Profitez bien de la vidéo et n’hésitez pas à commenter et partager !

A bientôt !

 

Si vous souhaitez comprendre le fonctionnement du traumatisme, retrouvez ma première vidéo en cliquant ici.

Par Julien Baillet

Le Coût de la Maltraitance sur les Enfants

Il y a plusieurs années, je travaillais dans des institutions spécialisées pour soigner et accompagner des enfants en difficulté. J’étais donc psychologue dans un I.TE.P (Institut Thérapeutique Educatif et Pédagogique) et dans un C.M.P (Centre Médico Psychologique). Dans ces deux endroits, je côtoyais la maltraitance sur les enfants et leurs traumatismes quasi quotidiennement.  Soit parce qu’ils en étaient victime dans leurs familles, et les institutions essayaient de les protéger et de les soigner, soit, et c’est bien plus grave, la maltraitance sur les enfants venait de l’institution elle-même.
L’exemple le plus marquant pour moi eut lieu quelques semaines à peine après mon arrivée dans l’ITEP.  Je partageais mon bureau avec deux autres psychologues, et notre fenêtre donnait sur la cour dans laquelle les enfants jouaient entre midi et deux. En regardant par la fenêtre, je vis un adulte pousser si violemment un enfant dans le dos que l’enfant s’envola littéralement sur plusieurs mètres avant de chuter lourdement sur le sol.
Mon sang ne fit qu’un tour. Rempli de colère, je me jetais dans le bureau de ma collègue pour lui dire ce que j’avais vu, et que j’allais le signaler de ce pas à la direction. Elle approuva, et me soutint dans la démarche. L’étape suivante était le bureau du directeur, qui fut content d’avoir quelqu’un pour témoigner contre ce “professionnel”. Je rédigeais mon écrit. Mais je ne m’arrêtais pas là. Je partais voir l’agresseur pour l’informer de ma dénonciation. Et là, l’homme s’effondra en larmes. Il me dit “Tu as raison. J’ai mal fait. Mais je ne sais plus comment faire avec ce gamin.” J’étais doublement choqué.
 Une autre forme de maltraitance dans cette institution était bien plus pernicieuse et profonde. J’ai pris conscience progressivement que je ne partageais pas les mêmes buts que beaucoup de mes collègues. Pour eux, les enfants devaient s’adapter aux règles. Et pas le contraire… Et nous nous appelions Institution Thérapeutique ? Hellooooooo !!! Où est le thérapeutique dans le fait de ne pas s’adapter aux besoins et aux problématiques des enfants ? Il n’y en a pas. C’est même le contraire. C’est maltraitant. J’ai appris un jour que cet ITEP avait été un I.R : Institut de Rééducation. Oui, à une autre époque, c’est la “rééducation” qui “soignait”. Et par rééducation, la violence physique était sous-entendue. Et ces collègues qui refusaient de changer avaient participé à l’époque I.R… Lourd héritage. Que les enfants payaient bien cher. Le centre de soin ne les soignait pas. Au contraire. Pour un grand nombre d’enfants, leurs Q.I diminuaient au cours des années. Et la plupart ne s’en alarmaient pas. A part quelques exceptions.
Tout cela était loin d’être satisfaisant pour moi, et encore moins épanouissant. Il y aurait beaucoup d’autres anecdotes comme celles là à raconter. Toutes mises bout à bout, j’ai donc décidé de me consacrer exclusivement à mon cabinet. Je pouvais ainsi choisir comment me former, et comment soigner, sans avoir aussi à subir la maltraitance de certains collègues.

L’impact des violences physiques sur la scolarité des enfants 

d’après Brooke McCord, 2017.

 
Un chercheur de l’université de Penn State (Pennsylvanie, USA) et ses collaborateurs ont mis en évidence l’impact des maltraitances sur les enfants comme reliées aux déficits cognitifs des performances scolaires, et que des punitions même non violentes étaient associées à une moindre motivation scolaire et une augmentation de l’isolement.
Alors que les châtiments corporels et les violences physiques ont déjà été reconnu comme réduisant le développement cognitif et la réussite scolaire, cette étude est une des rares à évaluer en même temps les punitions physiques violentes et non violentes rapportées par les enfants et ceux qui s’occupent d’eux. Même si les maltraitances ne créent pas de blessure physique sérieuse, les enfants vont vivre de la peur, de la détresse, et ces stresseurs impactent la structure du cerveau, le développement et le bien-être global.
Dans cette étude, plus de 650 enfants et leurs parents ont été examiné selon 3 types de maltraitances physiques : punition corporelle légère, sévère et violente. Les groupes ont rapporté leur utilisation et leur vécu et les chercheurs ont mesuré  les performances cognitives, l’engagement scolaire, et l’isolation des enfants par rapports à leurs pairs.
Il a été trouvé que toutes les formes de violences physiques augmentent la perte de motivation scolaire, qu’une exposition précoce a une influence négative sur les performances cognitives, et que seules les violences sévères augmentent notablement l’isolation vis à vis des pairs.
Ce qui démontre que les maltraitances physiques sur les enfants, qu’elles que soient leur niveau d’intensité, n’ont aucun impact positif sur différents aspects de la scolarité des enfants (ici, les performances cognitives, la motivation et la relation aux autres enfants).

La maltraitance invisible : les négligences 

D’après The Science Of Neglect, in developingchild.harvard.edu

Dans la famille des négligences, l’absence de réaction des parents à l’attitude émotionnelle de leur enfant peut apparaitre comme bénigne. Quel est le mal à laisser pleurer son enfant ? Et bien simplement parce que pour un enfant, la perception d’une menace active chez lui les systèmes biologiques de réponse au stress, et que leur activation excessive a un effet toxique sur le développement des circuits neuronaux. Or les enfants ne possèdent pas des circuits d’autorégulation émotionnelles qui sont nécessaires à l’apaisement et la régulation. C’est pourquoi il est si important que leurs référents de sécurité répondent à leur détresse pour les aider à construire cette aptitude à l’autorégulation. Ces réponses précoces et répétées vont être le socle d’une meilleur santé, physique et mentale, tout au long de la vie à venir.

La négligence chronique produit un panel plus large de dommages que les violences actives. Et parce qu’elles sont plus silencieuses et cachées, elles reçoivent généralement moins d’attention. Les études nous ont  pourtant appris que les enfants qui recevaient peu d’intérêt et de réaction de la part de leurs parents ou référents éducatifs, connaissent des problèmes de santé physique et mentale qui produisent des déficiences développementales plus étendues que les violences physiques. Ces déficiences incluent des retards cognitifs, retards de croissance, des troubles des fonctions exécutives et des capacités d’auto-régulation, et des perturbations de la réponse au stress du corps. Avec près d’un demi million de cas répertoriés aux USA en 2010, les négligences représentent 78% des maltraitances, bien plus que les violences physiques (17%), sexuelles (9%) et psychologiques (8%) combinées.

Conséquences de maltraitances sévères sur le développement du cerveau d’un enfant de 3 ans.

 Les privations ou négligences produisent : 

  • Des perturbations dans le développement du cerveau et comment il traite les informations, créant une augmentation de troubles du comportement, cognitifs, émotionnels et attentionnels.

 

  • Altère le développement des systèmes de réponse au stress, augmentant le risque d’anxiété, de dépression,  de problèmes cardiovasculaires et de santé chronique dans leur vie futur.

 

  • Un risque significatif pour les difficultés émotionnelles et interpersonnelles, incluant de hauts niveaux de négativité, un faible contrôle des impulsions, des troubles de la personnalité, ainsi que de faibles niveaux d’enthousiasme, de confiance et d’assertivité.

 

  • Un risque signifiant de développer des difficultés d’apprentissage et de faibles réussites scolaires, incluant des troubles des fonctions exécutives, de faibles régulations de l’attention, de faibles QI et de faibles niveaux scolaires.

Le Coût Financier

d’après Jeremy Loudenback, 2017

 

Au delà de l’impact affectif, émotionnel, cognitif, physique des maltraitances sur les enfants, adolescents et futurs adultes, les maltraitances coûtent cher financièrement à nos sociétés.

Selon les chercheurs du Centre de Prévention des Violences sur Enfants de San Francisco (USA), l’impact de chaque violence sur enfant coûte $400,533 tout au long de leur vie. Pour la ville de San Francisco, le coût total de la maltraitance infantile a coûté  $301.6 millions de dollars en 2015. Des chercheurs de cette ville ont calculé le coût moyen des maltraitantes infantiles dans différents domaines de prise en charge  : services de bien être de l’enfance : $11,035 par enfant ; éducation spécialisée : $12,891, sécurité sociale :$54,553, etc.
Les chercheurs ont été jusqu’à simuler la perte de productivité d’une victime de maltraitance. Pour chaque enfant maltraité mort, le manque à gagner s’élève à  $2,641,655. 
Ils concluent leur recherche en disant que leurs calculs ont été prudents. Il se pourrait que le montant réel du coût de la maltraitance aux USA soit de $5.6 milliards de dollars.

En France

D’après enfantbleu.org

Chaque jour, 2 enfants décèdent victimes de maltraitance (source : INSERM 2010)

14% des Français déclarent avoir été victimes de maltraitances – physiques, sexuelles et psychologiques – au cours de leur enfance (source : sondage Harris-L’Enfant Bleu 2014)

45% des Français suspectent au moins un cas de maltraitance dans leur environnement immédiat – familles, voisins, collègues, amis proches – (source : sondage Harris-L’Enfant Bleu 2014)

2 millions de Français, soit 3% de la population, déclarent avoir été victimes d’inceste (Enquête IPSOS pour l’association Internationale des victimes de l’inceste, AIVI)

86,8% des maltraitances sont intrafamiliales (Source : ONED 2006) 

 

Pour Conclure

Toutes ces données nous aident à mesure l’impact des maltraitances à plusieurs niveaux. Elles viennent aussi nous en dire beaucoup sur le potentiel traumatique qui existe au sein de la population qui reste à ce jour invisible, et aussi non soigné.
Face à tant de chiffres et de données aussi précises que difficiles, nous pouvons garder espoir. Car contrairement à il y a quelques décennies, nous savons aujourd’hui de mieux en mieux traiter les traumatismes et les maltraitances. Elles sont aussi davantage reconnues et surtout de plus en plus interdites. Les prises de conscience progressent… lentement. Il ne nous reste qu’à agir.
Pour en savoir plus, retrouvez mes articles précédents sur ces thématiques et les solutions à y apporter, notamment grâce à l’EMDR et aux thérapies intégratives.
Par Julien Baillet

Rencontre avec les différentes Parts de Soi

Qui suis-je ?

 

Je participais le week-end dernier au rassemblement blogueur pro à Paris, une formation destinée à m’apprendre à créer mon blog. J’ai débuté cette formation cette année, il y a quelques mois. Lors de cette réunion, nous étions 300, et le but du jeu était de rencontrer d’autres blogueurs qui traversent les mêmes galères dans la construction et le développement de leur blog. Nous avons donc passé 4h à nous présenter les uns aux autres, à brièvement parler de notre travail, de ce qu’on faisait là, sans jamais vraiment apprendre qui l’on est. Car ça, ça prend du temps. La diversité des parcours, des gens, des thématiques, était immense. A tel point que je me suis senti rapidement étourdi par le tourbillon d’informations que je collectais.

Olivier Roland et Julien Baillet – Rencontre Blogueur Pro 2017

Qui suis-je ? Vous êtes vous vous posé la question ? Plus d’une fois, probablement. Et si vous êtes un brin mystique, comme c’est mon cas, la réponse peut vite tourner à la dissertation de philo. Vous avez 4 heures :p Blague à part.  Plus le temps passe, et plus j’ai l’impression d’être. Les différentes expériences traversées viennent à coût sur enrichir ce que je suis. Et peut être compliquer les choses aussi. Allez savoir.

Julien Paul Baillet, né le 14 Février 1977. Ca c’est pour mon identité de naissance. Et après ? Une nationalité ? Une religion ? Des frères, des soeurs ? Un sport ? Ou plusieurs ? Un diplôme, ou plusieurs ? Un travail, ou plusieurs. Des amis. Ou pas. Une femme. Des enfants. Une maison. Ou pas. Ou pas de chien. Ou plus de chat. En tout cas un parcours. Des expériences. Des épreuves. Des décisions.

Il y a quelques jours, une amie organisait un apéro dinatoire, et lorsque je me levais pour saluer un couple d’invités qui arrivait,  je me suis retrouvé nez à nez avec un ami d’enfance. Guillaume. Nous avions joué au basket ensemble dans la même équipe de nos 7 à 12 ans ! Avant de se perdre de vue pendant presque 30 ans. Et là, surprise ! L’univers s’amuse parfois 🙂 Donc forcément, nous avons replongé dans le passé. Et retour de souvenirs. Echanges des grands moments de notre vie. Pas les plus simples non plus. En bref, des retrouvailles.

Le plus étrange, c’est qu’entre la rencontre blogueur pro de Paris et les retrouvailles avec Guillaume, il s’est déroulé moins d’une semaine. Donc à priori, je n’ai pas radicalement changé entre les deux (même si des fois, ça peut aller vite, le changement !) Et bien figurez vous que j’avais l’impression de ne pas être tout à fait le même Julien dans les deux situations. Vous allez me dire (parce que vous êtes comme ça. Je vous connais. Vous donnez votre avis sans que je vous le demande. Ca fait partie de votre charme :p )” Mais Julien ,c’est normal. D’un côté, tu mettais plus en avant ta dimension professionnelle avec tes collègues de blog. Alors qu’avec Guillaume, c’était plus intime, plus émotionnel, car cela te renvoyait à ton enfance. Tout ça tout ça “. Je suis bien d’accord avec vous. Je partage totalement ce point de vue. En fait, ça veut dire que nous sommes plusieurs. Que “qui je suis”, c’est illimité. Culturellement, et pour palier à la complexité, on a  souvent appris à se limiter. On peut se définir en se limitant à son travail, à son diplôme, ou à n’importe quelle dimension de sa vie. On peut même s’y enfermer parfois. Mais si on prend le temps d’y regarder d’un peu plus près, nous sommes bien plus complexes que cela.

Je suis plus que cela

 

De mon point de vue, nous sommes multidimensionnels. Plus ou moins cohérents. Fluctuants. Mais remplis de différents aspects de nous, que nous acceptons, ou rejetons, voir combattons. Et c’est souvent une source d’une bien grande souffrance en nous. L’enjeu de notre équilibre interne réside dans l’intégration de ces différentes parts de soi. Et pour cela, il est nécessaire de considérer trois étapes : la première est d’identifier les différentes parts qui vivent en nous. La seconde, c’est d’accepter ces parts. Et la dernière, c’est d’accueillir ces parts. Identifier. Accepter. Accueillir.

Prenons un exemple. On sonne à votre porte. Vous entendez la sonnerie, et vous allez voir ce qui se passe. Vous êtes de bonne humeur ce matin, et votre part curieuse est activée. Vous ne faites pas la sourde oreille. C’est la phase 1. Identifier. Vous ouvrez la porte et là, surprise. C’est votre voisine super sexy qui a besoin d’aide. Ou les pompiers qui viennent vous vendre un calendrier. A moins que cela soit un ancien pensionnaire de la prison la plus proche qui vient vous demander de l’argent pour se réinsérer. Ou un démon, semblable à un de ceux du voyage de Chihiro. Pas très ragoutant et puant. Comment réagissez vous ? Dans chacun des cas, pas de la même façon. Et pourtant. Pour intégrer cette part, il va falloir accepter qu’elle est là. Quelle qu’elle soit. Elle est comme ça. Il va falloir faire avec. Que cela vous plaise ou non. C’est la phase 2, Accepter. Dernière étape. Invitez le démon à rentre chez vous. Offrez lui un accueil chaleureux, un siège, un thé, un biscuit. Et là vous accueillez. Vous remarquerez alors une transformation. C’est là que le démon devient un prince, la grenouille aussi, comme dans les films ou les dessins animés. C’est votre attention bienveillante qui a créé cela. Vous ne vous êtes pas laissé envahir par les différentes formes d’émotions et défenses que pouvait provoquer l’invité surprise. Vous l’avez accueilli. Phase 3, Accueillir. Est-ce plus clair pour vous ?

Chihiro et le Démon Sans Visage – Le Voyage de Chihiro, Hayao Miyazaki

Oui oui oui. C’est difficile. Au début en tout cas. Mais ça vaut le coup. Si en vous sommeil un “monstre” (ou plusieurs), une petite fille rejetée, ou un petit garçon abandonné, sachez que, tout d’abord c’est normal, et qu’ensuite, ils vous attendront toute votre vie. Car ils ont besoin de vous. Ils sont coincés dans un espace temps traumatique, et continuent de souffrir, comme à l’époque où vous avez souffert. Car cet enfant, c’est vous. Il y a longtemps. Dans votre histoire. Le risque est de ne pas tendre l’oreille, de ne pas écouter, et de reproduire sur nous même ce que nous avons subi. Mais nous pouvons changer cela. Avec les trois étapes. Identifier, Accepter, Accueillir.

Le travail des Parts

 

Quand j’ai intégré cette approche à ma pratique, j’ai été transformé. Imaginez que jusqu’à présent, vous perceviez l’existence au travers d’un microscope, limité à la perception d’une part, et soudainement, vous pouvez observer l’univers grâce à Hubble. C’est ce que j’ai ressenti. S’offrait à moi la possibilité de visiter toutes les planètes de mon univers intérieur. Tous les mondes qui composent ma personnalité s’ouvraient à moi. Le pied ! (Chacun son truc :p ).

Pour apprendre cela, je me suis rendu à New York, et j’ai suivi la formation de Janina Fisher, PHD “Advance Trauma Training”.

Janina Fisher, PHD

Janina est tout simplement la meilleure thérapeute que j’ai jamais rencontrée. Elle allie humour, bienveillance, partage et humanité dans son travail et en dehors. Son esprit est brillant. Je suis tombé amoureux de sa façon de travailler, et c’est pourquoi elle me sert d’exemple dans ma pratique quotidienne. Après avoir suivi ses formations à New York, j’ai eu la chance de devenir son assistant à Londres pendant deux ans. J’ai tellement appris grâce à elle.

Son travail est exceptionnel, car elle intègre ses 30 années de travail sur la dissociation structurelle de la personnalité et le traumatisme avec les dernières recherches actuelles. Elle est un véritable modèle d’intégration, car elle met régulièrement à jour ses connaissances, et sait reconnaitre quand elle s’est trompée. Elle m’a aidé à me perfectionner dans le travail des parts.  C’est un travail très puissant, qui demande du temps et des efforts, mais qui apporte énormément à tous mes patients. Ainsi qu’à moi même, car mes parts étaient trop contentes d’avoir trouvé quelqu’un qui les comprend.

Elle retrace ce travail dans son livre “Healing the fragmented selves of trauma survivors”(2017). Et j’ai le plaisir et l’honneur de m’occuper de sa traduction en français. Il devrait paraitre en janvier 2019. Un peu de patience ! En attendant, vous avez mes articles ;).

Illustration

 

Aujourd’hui, je suis apprenti blogueur,  je travaille comme psychologue, spécialisé dans les traumatismes complexes et la dissociation, mais je suis plus que cela.

Il y a 10 ans, j’enseignais les arts martiaux et je m’entrainais sans relâche pour être un meilleur combattant. J’étais le plus souvent enfermé dans ma part combattante. Je ne le savais pas, mais j’étais plus que cela.

A la même époque, on m’annonçait que j’avais un cancer de la thyroïde mais que ça ne changerait rien à ma vie. J’étais plus que cette part de moi malade.

Il y a 20 ans je quittais le monde du basket-ball après y avoir passé près de 15 des plus belles années de ma vie. Malgré tout ce que cela m’a apporté, j’étais plus que cela.

Il y a 30 ans, mes parents divorçaient dans beaucoup de violence et de bêtise. Heureusement pour moi, j’étais plus que cela.

Il ya 40 ans …

Vous voyez l’idée ?

Application

 

Si tout ce que vous venez de lire vous parle, sachez que vous pouvez vous aussi travailler sur vos parts, très simplement. Voici comment.

A chaque fois que vous vous sentez envahi par quelque chose, une émotion, une pensée, un souvenir, une sensation, une perturbation, répétez vous ce mantra  :

” Je suis plus que cela “.

Pas besoin de le faire rapidement. Prenez votre temps. Avec la répétition, vous observerez progressivement une distance qui s’installe, et vous pourrez mieux observer la part de vous qui vient de se manifester. Vous aurez ainsi accompli la première étape “Identifier”. Plus que deux pour que l’intégration soit complète ! 😉

#jesuisplusquecela

Par Julien Baillet

EMDR et Traitement Adaptatif de l’Information : Quand Les Souvenirs Nous Rendent Malade

La thérapie EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) a été largement validée pour son efficacité à soigner l’Etat de Stress Post Traumatique (ESPT), une des formes les plus connues de traumatisme.  En 2007, un article de la revue Stress et Trauma faisait état de 15 études contrôlées et randomisées attestant de l’efficacité de l’EMDR dans le soin de l’ESPT. Cette thérapie bénéficiait de plus de 12 recommandations internationales, avec celle de l’OMS en Juillet 2012. En France, une étude Inserm (2004), et la Haute Autorité de Santé (2007) recommandaient son utilisation. Depuis bientôt 30 ans,  la recherche étudie l’EMDR. Et aujourd’hui on sait que son efficacité  touche un champs bien plus large que celui de l’ESPT.

Cette thérapie est doublement révolutionnaire.

Tout d’abord dans son protocole et dans sa façon de résoudre la problématique traumatique. Résumons ici son modus operandi : penser à un souvenir douloureux, l’évaluer par des questions spécifiques, se concentrer sur les éléments saillants et appliquer des stimulations bilatérales alternées ( mouvements oculaires, tapotements sur les genoux, ou bip bip sonore). Répéter le process en alternant les pauses et les stimulations, et au bout d’un certain temps, le souvenir devient aussi banal que votre dernier repas (même s’il était exceptionnel). Presque miraculeux. Mais plus simplement physiologique.

Le deuxième aspect révolutionnaire, c’est son modèle théorique, le modèle explicatif de son efficacité. Ce modèle a été nommé Traitement Adaptatif de l’Information (T.A.I).

Francine Shapiro, Fondatrice de la Thérapie EMDR
“Les éléments procéduraux de l’EMDR, incluant les stimuli d’attention double, déclenchent un état physiologique qui active le système de traitement de l’information” Francine Shapiro, Manuel d’EMDR, p.39

Le Traitement Adaptatif de l’Information

Tout en créant le protocole EMDR, sa fondatrice, Francine Shapiro a aussi élaboré des fondements théoriques pour expliquer les effets et l’efficacité de l’EMDR. Car c’est bien beau de parvenir à traiter les traumatismes de façon aussi rapide, systématique et profonde. Alors qu’aucun traitement auparavant n’avait su le faire. Encore faut-il comprendre comment on a obtenu ce résultat. Sans cela, on risque ne pas pouvoir le reproduire, et perdre toute dimension scientifique.
Francine Shapiro est donc partie du principe suivant : imaginez que vous vous êtes coupé le doigt récemment en cuisinant. Ca arrive à tout le monde. Après avoir nettoyé la plaie, si celle-ci ne nécessite pas de points de sutures, c’est votre corps qui va prendre en charge, de façon automatique, le processus de cicatrisation. Vous ne lui demanderez pas de le faire. Vous ne déciderez pas de le faire. Ca se fait tout seul. Et bien le T.A.I, c’est l’équivalent de ce processus de cicatrisation appliqué à notre mental, avec pour support organique le cerveau. 
Affinons maintenant notre compréhension du T.A.I. Si l’on est capable, de façon naturelle, d’auto-traiter des souvenirs douloureux, il arrive malheureusement que le système  de traitement ne fonctionne pas correctement. Et au lieu de traiter le souvenir de façon adaptée, il va être stocké de façon dysfonctionnelle. C’est ce type de stockage inadapté qui va ensuite générer des symptômes et troubles mentaux comme l’ESPT, les douleurs chroniques, les addictions, et bien d’autres. On parle aussi de défaut d’intégration de la mémoire.  
Travailler le souvenir dysfonctionnel en EMDR, c’est lui redonner sa dimension fonctionnelle. C’est réactiver le système d’auto-guérison. C’est mettre le passé à sa place, dans vos tiroirs à souvenirs. En finir enfin avec une lutte interne qui n’a pas de sens, juste de la souffrance. Et ensuite, les symptômes disparaissent. Par effet d’autorégulation. Car le système de traitement peut à nouveau fonctionner normalement, et n’a plu besoin de gérer des informations dysfonctionnelles.
Comparons notre cerveau à un ordinateur (c’est très réducteur, mais c’est pour comprendre). C’est comme si notre cerveau n’avait pas pu mettre à jour un programme qui n’est pas compatible avec sa version actuelle. Pour moi, l’EMDR est un outil de mise à jour des informations non intégrées par le cerveau.
Avec ce modèle théorique, les conséquences sont lourdes. Il place en effet les souvenirs et la qualité de leur traitement au coeur du processus psychopathologique. Et du même coup, au coeur de notre santé mentale. Les mémoires dysfonctionnelles formeraient  la base de futures réponses inadaptées, car les perceptions de la vie courante deviendraient alors déformées, biaisées par ces mémoires dysfonctionnelles.  Un principe clé du T.AI est que ce sont les souvenirs non intégrés et stockés de façon dysfonctionnelle qui forment les bases de la psychopathologie.  
Les souvenirs peuvent donc être pathogènes, créateurs de maladies.
La réactivation de ces souvenirs, même des années après l’évènement originel, peut conduire à un éventail de symptômes particulièrement large incluant les images intrusives d’un évènement bouleversant comme les flashbacks, les cauchemars ou des pensées obsédantes. Mais aussi la dépression et les addictions.

Pourquoi le T.A.I échoue-t-il parfois ?    

Qu’est-ce qui peut venir empêcher le fonctionnement de notre système d’auto-soin ? Selon le DSM-V, l’interruption ou l’échec du traitement de l’information (American Psychiatric Association [APA], 2013) peuvent être dû à une expérience bouleversante (oui, une seule !) et/ou un important niveau de stress lors d’une expérience traumatique. Mais il peut y avoir beaucoup d’autres causes, démontrées par la recherche clinique (Hase and Balmaceda, 2015). Par exemple, le vécu d‘intenses sentiments d’impuissance, ou encore de mauvaises interprétations d’un évènement perçu comme extrêmement dangereux peuvent aussi avoir ces conséquences. Des émotions intenses peuvent elles aussi conduire à l’interruption du processus intégratif.
Pour les enfants et les adolescents, l’attachement à un caregiver ou un sentiment d’importance sont des prérequis indispensables pour leur permettre d’intégrer un évènement de vie stressant. En conséquence, l’absence d’une figure d’attachement peut conduire à un défaut d’intégration des souvenirs et mener au développement d’un ESPT, même en l’absence d’évènement traumatique (Verlinden et al., 2013).
Des comportements violents de la part d’une figure d’attachement ou des négligences produiraient les mêmes conséquences.
L’épuisement et certaines conditions physiques  peuvent aussi expliquer l’interruption du processus.  L’influence de médicaments n’est pas à exclure.
Cette liste n’est pas exhaustive. Et elle montre déjà beaucoup trop d’occasions de ne pouvoir convenablement intégrer des éléments douloureux, que la vie ne nous permet pas toujours d’éviter.
Au cas où vous ne l’auriez pas encore compris en lisant cet article, l’intégration, c’est à dire comment  notre système nerveux peut traiter, digérer, métaboliser, transformer toutes les informations qui sont à sa portée, est la clé de notre santé mentale. Je le vérifie quotidiennement dans mon cabinet, 5 patients par jour, 5 jours par semaines, 40 semaines par an, depuis 7 ans (soit 7000 fois… Ce n’est plus du “hasard” là, si ?)
Aujourd’hui, nous pouvons tous nous réjouir. Il existe pour parer à ces “bugs” de notre système d’auto-soin, les protocoles et les procédures EMDR, mais aussi d’autres thérapies qui travaillent sur les différents niveaux d’intégration : la Thérapie Sensorimotrice, Hakomi, le Brainspotting, la T.A.T, l’I.M.P, l’I.C.V, pour ne citer que celles que je connais. Toutes sont là pour réactiver notre système de traitement et transformer, digérer tous nos souvenirs dysfonctionnels. Depuis 30 ans, nous pouvons poursuivre la vie que le traumatisme nous avait enlevé. Grâce à Francine Shapiro, Pat Ogden, Ron Kurtz, David Grand, Tapas Fleming, Paul Landon, Peggy Pace. Et Sûrement d’autres. Un immense Merci à eux !!!!!! 🙂 🙂 🙂

D’après l’article “The AIP Model of EMDR Therapy and Pathogenic Memories” – Michael Hase, Ute M. Balmaceda, Luca Ostacoli, Peter Liebermann and Arne Hofmann – Septembre 2017 

Cliquez ici pour en savoir davantage sur le traumatisme.

Par Julien Baillet

Traumatisme Et Kung Fu Panda

Comprendre le Traumatisme grâce à Po, le héros de Kung Fu Panda

Je vous propose de me retrouver en vidéo sur ma chaine youtube avec une vidéo parlant du traumatisme intitulée Trauma Et Kung Fu Panda ! J’y utilise des extraits de Kung Fu Panda 2 pour illustrer ce que peut provoquer un traumatisme dans notre vie.

Pour la visionner, cliquez ici.

Dans cette vidéo, vous y apprendrez ce qu’est un déclencheur du traumatisme, ce qu’est un flash back, et comment le traumatisme nous projette dans notre passé, au détriment de notre présent. Tout ça en images, et dans la bonne humeur !

C’est ludique, pédagogique, et psychologique 🙂 Et ça ne dure que 5 minutes.

Profitez bien de la vidéo et n’hésitez pas à commenter et partager !

A bientôt !

Par Julien Baillet

 

La recherche du jour : Empathie et Système Immunitaire

Le pouvoir de l’empathie

J’avais envie de partager avec vous une recherche particulièrement pertinente pour démontrer l’existence de la connexion entre le Corps et l’Esprit, et combien la qualité de nos relations nous affecte en profondeur. Il est primordiale de se rappeler que nous sommes des animaux sociaux. Ce qui signifie que notre vie et notre développement dépendent de nos relations. Et parmi les qualités relationnelles dont nous avons besoin figure l’empathie. Voici une recherche qui illustre  pourquoi.

Qu’est ce que l’empathie ? 

Dan Siegel – PHD

Une petite définition qui pèse son poids. Selon Dan Siegel (PHD), auteur (entre autres) de The Developing Mind (2010), l’empathie est notre capacité à percevoir et expérimenter ce que ressent un autre individu ( le terme individu n’excluant pas les animaux). Quand nous sommes en état d’empathie, non seulement nous accédons à une perception de l’état interne de l’autre, mais également à une simulation, une reproduction de l’état de l’autre en nous.

On peut aisément comprendre l’intérêt social d’une telle aptitude. Savoir dans quel état se trouve l’autre nous permet d’ajuster notre état interne pour y répondre, et favoriser l’accordage, l’équilibre de la relation, ou bien nos systèmes de défense. Si la personne en face de soi devient dangereuse ou menaçante, peut être serait il opportun de s’éloigner. Si au contraire elle semble en détresse émotionnelle (peur, tristesse…) peut être devrions nous nous approcher et lui proposer notre aide. C’est grâce à l’empathie que nous pouvons faire cela.

La Recherche : Médecins et Empathie

En 2009, l’équipe du Dr David Rakel (MD) de l’université du Wisconsin (USA) publiait une recherches intitulée  Praticiens empathiques et durée d’un rhume ; Rakel & al., 2009″.

L’ objectif de cette étude était d’évaluer la relation entre l’empathie et le soin d’un simple rhume lors dune visite médicale.

Au total, 350 sujets âgés de plus de 12 ans ont reçu soit une procédure standard, soit une version “améliorée” de la consultation des médecins, dans des tests contrôlés et randomisés. La consultation améliorée portait l’accent sur l’empathie du praticien.

Le patient évaluait ensuite la séance grâce au CARE, un questionnaire évaluant la relation et l’empathie du médecin.

La gravité du rhume était évaluée par lavement nasal pour mesurer les cellules immunitaires IL-8 (interleukin-8), ainsi que la durée du rhume.

Les résultats ont montré que pour les 84 sujets qui ont rapporté un score maximum pour le CARE, leur niveau de gravité du rhume était significativement plus bas que celui des autres participants, leur niveau d’IL-8 plus élevé, et ils rapportaient une guérison d’un jour plus rapide.

La conclusion, et non des moindres, est que l’empathie du soignant perçue par le patient prédit significativement la durée du rhume, sa sévérité, et les changements du système immunitaire du patient.

Quelles implications ?

Ces résultats impliquent tout simplement qu’en étant emphatique avec quelqu’un, on a le moyen d’agir directement sur son système immunitaire. Rien que ça ! Si ce n’est pas du lien Corps-Esprit, qu’est-ce que c’est ? Projetons donc ces données dans notre système de soins…

En France, pensez vous que le monde médical soit perçu comme emphatique par ses patients ? Je ne connais aucune recherche pouvant répondre à cette question. Mais comme beaucoup de gens, j’ai une expérience personnelle en la matière. Et d’après mon expérience, ce n’est pas toujours le cas. Il y a maintenant 10 ans de cela, on m’a diagnostiqué un cancer de la thyroïde. Savez-vous ce que m’a dit le médecin pour me l’annoncer ? “Ce n’est rien. On l’enlève, et c’est un cachet à vie “. Comme vous pouvez le voir, l’empathie n’était pas son fort. Par contre, hyper balaise en banalisation et en déni. Vous comprenez certainement que j’ai préféré changer de médecin après cela. J’avais déjà un cancer à digérer, et gérer les bêtises de mon médecin était au-dessus de mes forces. J’avais 31 ans, j’étais en pleine forme (croyais-je), et j’allais me retrouver à vivre dans une fatigue chronique qui ne m’a pas quitté depuis (ça fait 9 ans). Devoir calculer sans cesse mes sorties pour ne pas être trop fatigué. Ne plus pouvoir faire de sport, alors que je pratiquais les arts martiaux à haut niveau. Avoir des maux de tête sans comprendre pourquoi. Et j’en passe. C’est tout cela, que ce cher médecin appelait “Ce n’est rien.”

Outre mon cas personnel, qui est loin d’être isolé, je me pose personnellement la question des implications financières en terme de santé publique d’une telle recherche. Si un simple rhume peut être plus vite soigné simplement grâce à de l’empathie, qu’en est il des maladies plus graves ? Combien de jours de traitements et de souffrance pourraient ils être économisés ? Combien de jours d’arrêt de travail pourraient ils être évités ? Rien qu’avec un système soignant plus humain, favorisant l’empathie. Evidemment, cela demanderait beaucoup de remises en question sur le fonctionnement du système de soin actuel. Comme par exemple intégrer que le monde émotionnel a (au moins) autant de valeur que le monde rationnel. Car parler d’empathie, c’est nécessairement parler d’émotions, de celles des autres et aussi des nôtres. Nous en reparlerons.

En attendant une véritable évolution de ce monde, je ne peux que vous encourager à développer votre empathie. Envers les autres, et envers vous-même. J’en suis persuadé, vous êtes certainement trop dur envers vous même. Et vous avez du mal à reconnaitre votre propre souffrance. Ceci est le symptôme du manque d’empathie que vous avez subi. Mettez fin à cela. Au plus vite. Votre vie en sera transformée. Et comme vous l’avez lu, votre santé aussi.

Par Julien Baillet

Gestion du Stress : Comprendre et Agir

Si pour vous c’est la rentrée,  elle s’accompagne sans doute de son cortège de défis, de problèmes, d’imprévus, de pressions et de stress. Fini la plage, la montagne,  le farniente et le repos pourtant bien mérités. Vous avez  dû penser à l’école des enfants, au cartable à remplir, aux courses, à la nouvelle nounou à engager, aux inscriptions au centre  aéré, au sport, à la musique, à la danse, et aux cours du soir (ouch !). Après cela, vous ferez le point sur vos nouveaux objectifs de travail, vos collègues toujours aussi peu soutenant et jugeant, critiquant sans cesse, ou pire, dans la plainte…

Vous avez remarqué ? Ces quelques lignes de lecture ont déjà suffi à bloquer ou ralentir votre respiration qui était devenue si fluide et si calme depuis cet été. Si seulement on pouvait maintenir cet état… Figurez vous que c’est possible. Pas facile. Mais possible.

Même si on parle beaucoup de lui, et de plus en plus, il a souvent mauvaise presse, le stress. Et pourtant… il nous protège. Si si. Vous lisez bien. Je vous assure. Enfin… permettez-moi de préciser. Notre réponse au stress est une protection. C’est une adaptation de notre organisme pour gérer quelque chose qu’il n’a pas l’habitude de gérer. C’est ce qu’a mis en évidence Hans Selye (1926), un précurseur de la recherche sur le stress, en décrivant le syndrome général d’adaptation, et son impact sur la santé. 

“Adopter la bonne attitude peut convertir un stress négatif en stress positif”

C’est donc tant mieux que l’on puisse s’adapter. Sans quoi, on se briserait, on casserait, faute de souplesse. Pensez simplement à une chaise et à un éléphant dessus ; la chaise n’a pas assez de souplesse pour s’adapter à la pression de la masse de l’éléphant. Elle va se briser sous le stress. Mais maintenant, plongez l’éléphant dans une grande quantité d’eau… Tadaaaaaa ! Ca marche. L’eau s’adapte. A la perfection. Elle déborde un peu, d’accord, mais s’adapte. Toujours. C’est sa grande force à l’eau.

Conséquences du Stress

Un stress, c’est une pression que l’on subit. Elle peut être d’origine Externe (cf la liste de rentrée au début de l’article) ou Interne (pensée, émotion, sensation). Selon son intensité, notre corps va devoir enclencher le fameux mécanisme d’adaptation. Dans les grandes lignes voici comment réagit notre organisme. Nos glandes surrénales pompent l’adrénaline, augmentant notre fréquence cardiaque, notre pression sanguine, et augmentant le taux de sucre dans le sang. Le cortex surrénal libère le cortisol, hormone de la réponse au stress. Il nous aide à courir plus vite si un tigre nous court après, mais quand la libération du cortisol devient chronique, habituelle, cela devient destructeur.

La réponse au stress, à terme, détruit les neurones du cerveau, qui supportent mal le cortisol. Cette réponse va aussi être associée à de la dépression et de l’anxiété. Pas cool. Et avec le temps et la répétition, le système immunitaire va de moins en moins bien fonctionner. Toujours pas cool. Et à ce niveau là, nous devenons plus vulnérables aux maladies, puisque nos défenses sont affaiblies. Le juste niveau de stress nécessaire à d’adapter est bénéfique, mais devient mortel à haute dose.

Stress et santé

Herbert Benson

Herbert Benson, fondateur du Mind Body Médical Institute d’Harvard, déclarait en 2003 que près de 80% des consultations médicales étaient dues au stress. Vous avez bien lu. Même si ces données concernent les USA, la France n’a rien d’exemplaire en terme de gestion du stress. Prenez le temps d’imaginer un peu l’impact en terme de santé publique, si on s’occupait de la problématique du stress sérieusement et efficacement, sur l’économie de la santé. Même si on en supprimait à peine la moitié, le montant serait énorme.

Mais ne nous affolons pas. Et au lieu de nous saper un peu trop le moral avec tous les effets négatifs du stress sur la santé (et comme on l’a vu, ils sont nombreux !),  je préfère partager avec vous quelques unes des solutions les plus efficaces contre le stress. Car oui, il y a des solutions. Ce n’est pas une fatalité. Il ne reste qu’à agir.

Quelles Solutions ?

Techniques et Conseils  

Je classe les techniques de la plus simple et la moins chronophage à la plus complexe et la plus longue. Toutes sont efficaces indépendamment. Mais si vous les combinez, le résultat est d’autant plus grand. Je vous le garantis, car je les ai toutes essayées. J’ai commencé par la cohérence cardiaque. Puis les suivantes. Et je les pratique encore aujourd’hui. Pour mon plus grand bien-être.

La Cohérence Cardiaque : 5 minutes, 3 fois par jour

La cohérence cardiaque est un état physiologique très particulier, dans lequel la respiration permet d’équilibrer le système nerveux.  Cet état de cohérence cardiaque s’accompagne de nombreux effets physiologiques et psychologiques très positifs,  en particulier sur le stress. 

Pour arriver à cet état, il suffit de pratiquer une technique respiratoire très simple qui permet de rééquilibrer votre système nerveux.  Pour vous dire à quel point c’est simple : on inspire 5 secondes, puis on on expire 5 secondes. Et c’est tout. Et ce n’est pas une blague. Et c’est super efficace.

Une pratique régulière, 5 minutes, trois fois par jour,  permet de nombreux effets positifs :

– une meilleure gestion du stress – C’est ce qu’on voulait

– un meilleur sommeil – Cadeau Bonus 1

– une mise à distance des émotions négatives – Cadeau Bonus 2

– une diminution du risque cardiovasculaire – Cadeau Bonus 3

Et plein d’autres cadeaux bonus 😉

Pour pratiquer, téléchargez l’application Respirelax(iTunes) sur votre smartphone (ici pour Android). Veillez à ce que les réglages soient 5sec/5sec, seule fréquence garantissant la cohérence cardiaque et ses bienfaits. Si vous n’êtes pas équipé, un simple chrono suffit, ou un métronome : 5 secondes d’inspiration, 5 secondes d’expiration, pendant 5 minutes. C’EST TOUT !!!

Et si vous voulez tout apprendre sur la cohérence cardiaque, achetez ce livre :

C’est l’auteur du livre, David O’Hare, qui m’a formé, et tout est dans ce petit livre pour moins de 10€. Ne vous en privez pas.

La Méditation : 10 minutes par jour

La méditation est une pratique mentale permettant le développement de nos modalités d’attention. Entre autres. C’est une discipline millénaire nous venant d’Asie qui connait actuellement en Occident un développement sans précédent. Etudiée scientifiquement depuis les années 70 aux états-unis, mais depuis des milliers d’années en Inde et au Tibet, le nombre de recherches à son sujet et de données ne cesse de grandir chaque année tant ses bienfaits sont nombreux. Il y aurait donc beaucoup à dire sur cette pratique, et ce sera l’objet d’un de mes prochains articles. Mais pour l’instant, retenons qu’elle a des effets très bénéfiques sur notre stress et notre façon de le gérer, et ce même avec une pratique courte. Quittez l’idée que vous avez besoin de vous entrainer des heures tous les jours pendant des années pour voir des résultats. C’est faux. Des recherches ont montré son impact durable sur le cerveau en seulement 8 semaines de pratique à raison de 10 minutes par jour. Difficile de faire plus rentable. Ces effets touchent la totalité de notre système nerveux, ce qui explique l’étendue de ses bienfaits pour la santé dans son ensemble (physique et mental).

J’ai personnellement commencé il y a 5 ans par des séances de quelques minutes de temps en temps. Aujourd’hui, c’est au minimum 20 minutes tous les jours (parfois 2 fois). Et je n’ai aucune envie d’arrêter !

Pour apprendre à méditer, c’est en fait très simple (ce qui ne veut pas dire que c’est facile). Asseyez vous dans une position confortable. Fermez les yeux, et portez votre attention sur ce qui se passe en vous. Et restez observateur de ce qui s’y passe, comme si vous étiez un nouveau venu dans ce monde, rempli de curiosité, de bienveillance et d’empathie. Accueillez ce que vous percevez sans juger ce qui se présente à vous. Et voilà. Vous méditez. Faites cet exercice aussi longtemps et aussi souvent que vous voulez, et vous transformerez votre vie.

Le développement actuel de la méditation fait qu’un grand nombre d’applications existe pour apprendre. Je conseille à mes patients l’application Petit Bambou, qui fonctionne très bien. Les vidéos gratuites sont parfaites pour débuter.

Le Yoga : 1h30, 2 fois par semaine

Le Yoga est lui aussi une discipline millénaire venue d’Inde (Mais comment ils font ces indiens ??? 😉 ). Il se caractérise par l’enchainement de postures du corps, tout en nous concentrant sur notre respiration et notre mental. Le Yoga signifie connexion, et repose aussi sur une forte composante spirituelle. En aucun cas le yoga ne se limite à une gymnastique corporelle. Il s’agit de se connecter à notre soi le plus profond,  notre âme, en passant par le corps, la respiration et l’attention. Mais bon. Si vous commencez par le corps et la respiration, c’est un bon début. Et c’est pourquoi le yoga est un excellent régulateur du stress. Le travail respiratoire et corporel viennent rééquilibrer les mécanismes d’adaptation dont nous parlions plus haut. Il est excellent pour le système nerveux.

Il existe beaucoup de sortes de yoga. N’hésitez pas à en essayer plusieurs pour choisir celui qui vous correspond le mieux. Surtout, trouvez un enseignant qui va respecter vos capacités et votre rythme. Evitez à tout prix les “bourrins” en recherche de performance. Le yoga n’est pas dans cette recherche là. La performance n’est qu’une conséquence de votre relâchement et de votre connexion. Ce n’est pas le but.

Reprendre le contrôle : Tous les jours

Le contrôle vous rassure. C’est le cas de beaucoup gens. Enfin surtout l’illusion de contrôle. Car si on y réfléchit bien, on ne contrôle pas grand chose. Mais bon. Pour ne pas nous stresser davantage, faisons comme si on contrôlait quelque chose :p. Dans les situations de stress, il est souvent caractéristique que nous ayons la sensation de perdre le contrôle. C’est le cas. Notre corps réagit à la pression subie, sans que nous lui ayons demandé quoi que ce soit. Et nous le sentons. Et si nous n’avons pas appris à reconnaitre et accepter ces sensations, nous allons commencer à nous battre contre nous même pour que notre corps “revienne comme avant”. Pour qu’il se taise. Et ce n’est pas du tout une bonne idée.

S’il y a une chose à contrôler dans votre activité professionnelle pour limiter le stress, c’est votre emploi du temps. Plus vous décidez de votre agenda, de vos rendez vous, de vos temps de pauses, plus il devient facile pour vous de réguler le déroulement de votre journée. Vous limitez donc votre stress. Vous en serez plus efficace et plus performant(e) ! Servez cet argument à votre N+1 si il a des doutes.

Tant que vous y êtes, évitez tant que possible les relations toxiques. C’est aussi extrêmement salutaire. Mais cela devient plus compliqué, car vous ne choisissez pas forcément vos collègues. On touche ici aux limites de ce que l’on peut contrôler…

Mieux vous connaitre : Toute votre vie, car vous évoluez sans cesse

Nous ne sommes pas tous égaux devant une situation stressante. De par notre héritage génétique, notre éducation, notre environnement, notre personnalité, nous sommes tous différents. Et il est très important de le comprendre et de l’accepter, car de cela dépend la réponse que nous allons apporter à la gestion de notre stress. Cela passe par faire avec ce que l’on est, et avec ce dont on a besoin. Prenons un exemple : si je suis un lion, je ne vais pas gérer mon stress de la même façon que si je suis un zèbre. Un lion n’a clairement pas la vie d’un zèbre : il chasse pour se nourrir, alors que le zèbre broute de l’herbe. Un lion court après les zèbres, alors que le zèbre court… pour échapper au lion. Le lion vit en petits groupes, le zèbre en troupeaux. Etc. Vous avez compris le principe. De par leur génétique, leurs comportements, leur environnement, lions et zèbres subissent du stress, mais différemment en fonction de ce qu’ils sont. Imaginons maintenant que vous soyez un zèbre, mais que vous vous considériez comme un lion. Vous avez un gros problème… Car vous vous nourrissez mal en mangeant de la viande, vous vous irritez les cordes vocales régulièrement en essayant de rugir, et vos congénères zèbres ne comprennent pas bien pourquoi vous les chassez… (Et je ne vous parle même pas des moments où vous courez après les lionnes….) Vous avez à gérer deux niveaux de stress : le stress normal d’être un zèbre, et celui de ne pas faire en fonction de votre nature. Imaginez les dégâts sur votre organisme. Vous n’êtes pas très en forme. J’espère que vous comprenez mieux pourquoi il est important de bien se connaitre. De qui vous êtes, et de votre acceptation de qui vous êtes, dépend de nombreux problèmes, dont le stress.

Inspiration : La Reine de l’anti stress, Dori 

Cliquez ici pour voir la Vidéo de Dori et Marin dans la baleine

Pour finir, je veux partager avec vous celle que je considère comme un Maître de la gestion du stress : Dori. Peut être avez vous vu il y a quelques années le film génial des studios Pixar, Le Monde de Némo. Si ce n’est pas le cas ( bouuuuuuuh 😉 ), en voici un résumé rapide. Marin, un poisson clown vivant dans une anémone, s’apprête à être papa. Mais malheureusement, sa femme (une autre poisson clown) et presque tous les oeufs de la portée sont dévorés par un barracuda dès le début du film. Marin se retrouve seul, avec un seul oeuf blessé, qui va donner naissance à son fils Némo, qu’il va élever en étant très inquiet pour lui. On peut dire que Marin stress son fils, dans le but de le protéger. Ce qui aura pour conséquence de « braquer » Némo contre son père. Et un jour de dispute, Némo va se retrouver capturé par des plongeurs, plongeant Marin dans un état de détresse  immense. Il avait lutté toute sa vie pour qu’il n’arrive rien son fils, et il était en train de le perdre. Marin va alors poursuivre les plongeurs et leur bâteau, et tenter de les rattraper. En vain. Mais en chemin, il tombe nez à nez avec un autre poisson, Dori, qui a la particularité d’avoir une mémoire défectueuse : Dori a une mémoire à court terme limitée, et ne stock rien à long terme. Touchée par la détresse de Marin, Dori décide de l’accompagner à la recherche de Némo. Et au cours de leur périple, tous les deux se retrouvent engloutis dans le ventre d’une baleine. Voici comment les deux poissons gèrent différemment la même situation : d’un côté Marin attaque la bouche de la baleine pour sortir ; c’est totalement inefficace (poisson clown vs baleine…hum), Marin se fait mal à la tête à force de taper, et son niveau de stress ne diminue pas du tout ! Dori, elle… Joue dans les vagues en se laissant porter par les mouvements de l’eau dans la bouche de la baleine… Elle n’est pas du tout stressée. Elle s’amuse…

Ce sera mon conseil final : apprenez à flotter comme Dori quel que soit la situation 🙂  Je la trouve particulièrement inspirante. Et vous ? 😉

Par Julien Baillet

 

Mes Thérapies En Ligne : Pourquoi ce blog ?

Depuis maintenant plus de 10 ans, je parcours le champs des thérapies à la fois comme patient et thérapeute, dans les domaines du corps et de l’esprit, à la recherche de leur intégration. J’ai exploré le monde médical comme patient (bien malgré moi),  du bien-être pour me sentir mieux, de l’ésotérisme, parce qu’on n’est pas que rationnel,  scientifique, parce que ça rassure, et bien d’autres univers.  Je me suis appliqué à dépasser mes préjugés,  à essayer, à tenter, à faire des expériences,  pour vraiment voir par moi même ce qui marche.  Et lorsque j’étais convaincu et que je le pouvais, je me formais pour pouvoir l’appliquer dans mon cabinet. Ce qui m’a permis, en une décennie, de parcourir de nombreux champs de connaissances, de nombreux pays, de nombreuses théories, que je me réjouissais de pouvoir partager et transmettre à mes patients et à mes proches. Mais au bout d’un certain temps, malgré le succès de ces techniques, j’ai ressenti une grande frustration. J’ai réalisé que j’étais limité. Dans le temps et dans l’espace. Je ne pouvais pas tout faire. Je ne pouvais pas aider tout le monde. C’était vraiment décevant. J’ai donc tergiversé, réfléchi, tourné le problème dans tous les sens, rien n’y faisait. Matériellement, je ne pouvais pas voir plus de monde. Mais cette année, quelque chose a changé. Je me suis dit que le problème était justement les limites du monde matériel. Une journée durera toujours 24h, quoi qu’on fasse. Et je ne peux recevoir qu’un patient à la fois. Mais qu’en est-il du monde immatériel, comme celui d’internet ? J’ai donc imaginé un cabinet en ligne, dématérialisé, dans lequel tout le monde pourrait y venir quand il voudrait, comme il voudrait. J’ai développé  cette idée de diffuser des thérapies en ligne, de pouvoir ainsi transmettre à l’infini toutes ces informations si précieuses, et d’en permettre l’accès, sans avoir à prendre rendez vous, prendre votre voiture, attendre d’avoir une place, et attendre au fur et à mesure des séances. En ligne, vous avancerez au rythme que vous voulez : travaillez une semaine complète sur vous même, ou un peu  de temps en temps, c’est à vous de voir. Vous pouvez lire et relire les articles, voir et revoir les vidéos, alors que vous ne pouvez pas rembobiner une séance. J’en suis donc convaincu, les thérapies en ligne peuvent apporter énormément. Elles ne remplaceront pas, jamais, la relation humaine, et un travail thérapeutique en direct. Cela n’est d’ailleurs pas mon objectif. L’être humain est un animal social. Il a besoin de contacts réels avec ses pairs. Les thérapies en ligne sont selon moi un outil complémentaire. Elles peuvent être un excellent moyen d’enrichir nos vies de connaissances et de techniques qui étaient auparavant difficilement accessibles.

Préparez vous donc, je vous emmène en voyage ! Dans votre corps et votre esprit. Et plus tard,  si tout se passe bien et que vous êtes sages 😉 je vous proposerai peut-être de m’accompagner dans de nouveaux mondes que nous explorerons ensemble…

Donc préparez les passeports et les vaccins, on décolle bientôt !

A très vite pour la suite,

Julien 🙂