Rencontre avec les différentes Parts de Soi

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Qui suis-je ?

 

Je participais le week-end dernier au rassemblement blogueur pro à Paris, une formation destinée à m’apprendre à créer mon blog. J’ai débuté cette formation cette année, il y a quelques mois. Lors de cette réunion, nous étions 300, et le but du jeu était de rencontrer d’autres blogueurs qui traversent les mêmes galères dans la construction et le développement de leur blog. Nous avons donc passé 4h à nous présenter les uns aux autres, à brièvement parler de notre travail, de ce qu’on faisait là, sans jamais vraiment apprendre qui l’on est. Car ça, ça prend du temps. La diversité des parcours, des gens, des thématiques, était immense. A tel point que je me suis senti rapidement étourdi par le tourbillon d’informations que je collectais.

Olivier Roland et Julien Baillet – Rencontre Blogueur Pro 2017

Qui suis-je ? Vous êtes vous vous posé la question ? Plus d’une fois, probablement. Et si vous êtes un brin mystique, comme c’est mon cas, la réponse peut vite tourner à la dissertation de philo. Vous avez 4 heures :p Blague à part.  Plus le temps passe, et plus j’ai l’impression d’être. Les différentes expériences traversées viennent à coût sur enrichir ce que je suis. Et peut être compliquer les choses aussi. Allez savoir.

Julien Paul Baillet, né le 14 Février 1977. Ca c’est pour mon identité de naissance. Et après ? Une nationalité ? Une religion ? Des frères, des soeurs ? Un sport ? Ou plusieurs ? Un diplôme, ou plusieurs ? Un travail, ou plusieurs. Des amis. Ou pas. Une femme. Des enfants. Une maison. Ou pas. Ou pas de chien. Ou plus de chat. En tout cas un parcours. Des expériences. Des épreuves. Des décisions.

Il y a quelques jours, une amie organisait un apéro dinatoire, et lorsque je me levais pour saluer un couple d’invités qui arrivait,  je me suis retrouvé nez à nez avec un ami d’enfance. Guillaume. Nous avions joué au basket ensemble dans la même équipe de nos 7 à 12 ans ! Avant de se perdre de vue pendant presque 30 ans. Et là, surprise ! L’univers s’amuse parfois 🙂 Donc forcément, nous avons replongé dans le passé. Et retour de souvenirs. Echanges des grands moments de notre vie. Pas les plus simples non plus. En bref, des retrouvailles.

Le plus étrange, c’est qu’entre la rencontre blogueur pro de Paris et les retrouvailles avec Guillaume, il s’est déroulé moins d’une semaine. Donc à priori, je n’ai pas radicalement changé entre les deux (même si des fois, ça peut aller vite, le changement !) Et bien figurez vous que j’avais l’impression de ne pas être tout à fait le même Julien dans les deux situations. Vous allez me dire (parce que vous êtes comme ça. Je vous connais. Vous donnez votre avis sans que je vous le demande. Ca fait partie de votre charme :p )” Mais Julien ,c’est normal. D’un côté, tu mettais plus en avant ta dimension professionnelle avec tes collègues de blog. Alors qu’avec Guillaume, c’était plus intime, plus émotionnel, car cela te renvoyait à ton enfance. Tout ça tout ça “. Je suis bien d’accord avec vous. Je partage totalement ce point de vue. En fait, ça veut dire que nous sommes plusieurs. Que “qui je suis”, c’est illimité. Culturellement, et pour palier à la complexité, on a  souvent appris à se limiter. On peut se définir en se limitant à son travail, à son diplôme, ou à n’importe quelle dimension de sa vie. On peut même s’y enfermer parfois. Mais si on prend le temps d’y regarder d’un peu plus près, nous sommes bien plus complexes que cela.

Je suis plus que cela

 

De mon point de vue, nous sommes multidimensionnels. Plus ou moins cohérents. Fluctuants. Mais remplis de différents aspects de nous, que nous acceptons, ou rejetons, voir combattons. Et c’est souvent une source d’une bien grande souffrance en nous. L’enjeu de notre équilibre interne réside dans l’intégration de ces différentes parts de soi. Et pour cela, il est nécessaire de considérer trois étapes : la première est d’identifier les différentes parts qui vivent en nous. La seconde, c’est d’accepter ces parts. Et la dernière, c’est d’accueillir ces parts. Identifier. Accepter. Accueillir.

Prenons un exemple. On sonne à votre porte. Vous entendez la sonnerie, et vous allez voir ce qui se passe. Vous êtes de bonne humeur ce matin, et votre part curieuse est activée. Vous ne faites pas la sourde oreille. C’est la phase 1. Identifier. Vous ouvrez la porte et là, surprise. C’est votre voisine super sexy qui a besoin d’aide. Ou les pompiers qui viennent vous vendre un calendrier. A moins que cela soit un ancien pensionnaire de la prison la plus proche qui vient vous demander de l’argent pour se réinsérer. Ou un démon, semblable à un de ceux du voyage de Chihiro. Pas très ragoutant et puant. Comment réagissez vous ? Dans chacun des cas, pas de la même façon. Et pourtant. Pour intégrer cette part, il va falloir accepter qu’elle est là. Quelle qu’elle soit. Elle est comme ça. Il va falloir faire avec. Que cela vous plaise ou non. C’est la phase 2, Accepter. Dernière étape. Invitez le démon à rentre chez vous. Offrez lui un accueil chaleureux, un siège, un thé, un biscuit. Et là vous accueillez. Vous remarquerez alors une transformation. C’est là que le démon devient un prince, la grenouille aussi, comme dans les films ou les dessins animés. C’est votre attention bienveillante qui a créé cela. Vous ne vous êtes pas laissé envahir par les différentes formes d’émotions et défenses que pouvait provoquer l’invité surprise. Vous l’avez accueilli. Phase 3, Accueillir. Est-ce plus clair pour vous ?

Chihiro et le Démon Sans Visage – Le Voyage de Chihiro, Hayao Miyazaki

Oui oui oui. C’est difficile. Au début en tout cas. Mais ça vaut le coup. Si en vous sommeil un “monstre” (ou plusieurs), une petite fille rejetée, ou un petit garçon abandonné, sachez que, tout d’abord c’est normal, et qu’ensuite, ils vous attendront toute votre vie. Car ils ont besoin de vous. Ils sont coincés dans un espace temps traumatique, et continuent de souffrir, comme à l’époque où vous avez souffert. Car cet enfant, c’est vous. Il y a longtemps. Dans votre histoire. Le risque est de ne pas tendre l’oreille, de ne pas écouter, et de reproduire sur nous même ce que nous avons subi. Mais nous pouvons changer cela. Avec les trois étapes. Identifier, Accepter, Accueillir.

Le travail des Parts

 

Quand j’ai intégré cette approche à ma pratique, j’ai été transformé. Imaginez que jusqu’à présent, vous perceviez l’existence au travers d’un microscope, limité à la perception d’une part, et soudainement, vous pouvez observer l’univers grâce à Hubble. C’est ce que j’ai ressenti. S’offrait à moi la possibilité de visiter toutes les planètes de mon univers intérieur. Tous les mondes qui composent ma personnalité s’ouvraient à moi. Le pied ! (Chacun son truc :p ).

Pour apprendre cela, je me suis rendu à New York, et j’ai suivi la formation de Janina Fisher, PHD “Advance Trauma Training”.

Janina Fisher, PHD

Janina est tout simplement la meilleure thérapeute que j’ai jamais rencontrée. Elle allie humour, bienveillance, partage et humanité dans son travail et en dehors. Son esprit est brillant. Je suis tombé amoureux de sa façon de travailler, et c’est pourquoi elle me sert d’exemple dans ma pratique quotidienne. Après avoir suivi ses formations à New York, j’ai eu la chance de devenir son assistant à Londres pendant deux ans. J’ai tellement appris grâce à elle.

Son travail est exceptionnel, car elle intègre ses 30 années de travail sur la dissociation structurelle de la personnalité et le traumatisme avec les dernières recherches actuelles. Elle est un véritable modèle d’intégration, car elle met régulièrement à jour ses connaissances, et sait reconnaitre quand elle s’est trompée. Elle m’a aidé à me perfectionner dans le travail des parts.  C’est un travail très puissant, qui demande du temps et des efforts, mais qui apporte énormément à tous mes patients. Ainsi qu’à moi même, car mes parts étaient trop contentes d’avoir trouvé quelqu’un qui les comprend.

Elle retrace ce travail dans son livre “Healing the fragmented selves of trauma survivors”(2017). Et j’ai le plaisir et l’honneur de m’occuper de sa traduction en français. Il devrait paraitre en janvier 2019. Un peu de patience ! En attendant, vous avez mes articles ;).

Illustration

 

Aujourd’hui, je suis apprenti blogueur,  je travaille comme psychologue, spécialisé dans les traumatismes complexes et la dissociation, mais je suis plus que cela.

Il y a 10 ans, j’enseignais les arts martiaux et je m’entrainais sans relâche pour être un meilleur combattant. J’étais le plus souvent enfermé dans ma part combattante. Je ne le savais pas, mais j’étais plus que cela.

A la même époque, on m’annonçait que j’avais un cancer de la thyroïde mais que ça ne changerait rien à ma vie. J’étais plus que cette part de moi malade.

Il y a 20 ans je quittais le monde du basket-ball après y avoir passé près de 15 des plus belles années de ma vie. Malgré tout ce que cela m’a apporté, j’étais plus que cela.

Il y a 30 ans, mes parents divorçaient dans beaucoup de violence et de bêtise. Heureusement pour moi, j’étais plus que cela.

Il ya 40 ans …

Vous voyez l’idée ?

Application

 

Si tout ce que vous venez de lire vous parle, sachez que vous pouvez vous aussi travailler sur vos parts, très simplement. Voici comment.

A chaque fois que vous vous sentez envahi par quelque chose, une émotion, une pensée, un souvenir, une sensation, une perturbation, répétez vous ce mantra  :

” Je suis plus que cela “.

Pas besoin de le faire rapidement. Prenez votre temps. Avec la répétition, vous observerez progressivement une distance qui s’installe, et vous pourrez mieux observer la part de vous qui vient de se manifester. Vous aurez ainsi accompli la première étape “Identifier”. Plus que deux pour que l’intégration soit complète ! 😉

#jesuisplusquecela

Par Julien Baillet


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